(Les Echos du Niger 25 mai)La tension entre le Bénin et le Niger continue de monter. Si Cotonou a mis de l’eau dans son vin ben levant provisoirement son blocus sur l’exportation du brut pétrolier nigérien au port béninois de Sèmè-Pondji, la crise est loin d’être résolue entre les deux voisins.
Elle vient d’ailleurs de franchir un nouveau pallier. Depuis mercredi 22 mai, les municipalités de Cotonou ont donné instruction à la police Républicaine du Bénin de procéder à la fermeture des gares de toutes les compagnies de transport du Niger établies dans la capitale béninoise. Des compagnies telles que Rimbo, Salim, Sonef, et STM transport voyageurs ont été touché par cette mesures dont les raisons et les motivations n’ontpas encore été annoncé.
La navigation fluviale qui permet au Niger jusqu’ici d’importer du maïs au Bénin est également suspendu le même jour. Vraisemblablement ces mesures sont en représailles à la fermeture de la frontière terrestre maintenu par le CNSP. Pour rappel, cette décision de maintenir les frontières fermées sur le pont reliant Malanville (Bénin) à Gaya (Niger) vise à éviter une agression de la part des soldats français qui auraient une base militaire au Bénin.

Du côté Béninois, on se défend de toute mauvaise intention. Le gouvernement du président Talon rappelle qu’il n’a fait que soutenir une décision communautaire et déclare avoir tourné la page, ce que le CNSP n’est pas prêt à faire. Pour ne pas entraîner la mort du commerce transfrontalier, les deux pays avaient toutefois fermé les yeux sur le commerce fluvial illicite.
En d’autres termes, si rien ne passait sur le pont, beaucoup de choses passaient sous le pont, à savoir des vivres et d’autres biens de premières nécessités. Malheureusement, plus rien de cela n’est possible depuis ce 23 mai 2024. En effet, les autorités béninoises ont officiellement “ mis fin à la circulation fluviale illégale entre le Bénin et le Niger “. Même si cela n’a pas été clairement indiqué, Cotonou cherche avec cette décision à faire pression sur le Niger en vue d’une réouverture des frontières terrestres.
Pour appliquer cette décision, Cotonou a indiqué que plusieurs patrouilles fluviales allaient être déployées sur le fleuve Niger. Cette nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose les deux pays que la géographie a unis aura pour principale victime les populations qui auront encore plus de mal à s’approvisionner. Pour beaucoup d’experts, le Niger et le Bénin devraient enterrer la hache de guerre et privilégier les discussions en sollicitant entre autres la médiation de la Chine.
Youssouf Seriba

