(Les Échos du Niger 18 avril)Ce jeudi 18 avril 2024, la première édition de la semaine du numérique du Niger a été lancée. Organisé par le Ministère de la Communication, des Postes et de l’Économie Numérique du Niger, sous le thème le Numérique et la Souveraineté, cette édition permettra de mener des réflexions approfondies et des concertations en vue de promouvoir l’utilisation du numérique au Niger et dans l’espace de l’AES.
La cérémonie d’ouverture a vu la participation de plusieurs personnalités et invités de haut rang. Outre la présence d’une délégation malienne et burkinabè, on note aussi la présence d’une forte délégation chinoise. Dans son allocution, Moustapha Tinao, président du conseil d’organisation a insisté sur l’importance de cette semaine et a invité tous les participants à se pencher sur les différentes thématiques qui seront abordées au cours des différentes séances et panels.Le ministre de la communication et du numérique du Mali, invité spécial de cette semaine, a de son côté mis l’accent sur l’adoption d’un nouveau paradigme digital dans la zone sahélienne. « C’est le lieu de lancer un vibrant appel à tous les acteurs du numérique pour faire de notre espace, dans un proche avenir, un véritable espace de l’exécution d’un numérique au service de l’humain » a-t-il déclaré.
La faible pénétration du numérique en Afrique a été au centre du discours de la représentante de l’union international des communications (UIT) « En Afrique, seulement 37 % de la population a accès à l’internet, donc 740 millions de personnes sont actuellement non connectées. La facture numérique est importante entre les zones rurales et urbaines » a-t-elle indiqué dans son discours. Elle a mis l’accent sur la nécessité de fournir des services et solutions numériques abordables aux populations rurales pour réaliser une transformation numérique inclusive et durable. La représentante de l’UIT a aussi insisté sur l’importance d’agir pour la protection des données et de mettre en place des méthodes pour protéger les enfants en ligne.

Le discours du ministre de la Communication, des Postes et de l’Économie Numérique du Niger Sidi Raliou Mohamed, a été largement marqué par un rappel des programmes mis en place par le CNSP pour accélérer et renforcer l’inclusion numérique du Niger. Il a notamment évoqué la politique nationale de développement numérique, l’inclusion numérique des jeunes, la promotion de l’éducation et de la formation à distance. La promotion de l’e-commerce et de la santé à distance entre autres.
Il est également revenu sur les chiffres concernant la couverture numérique au Niger. « Le taux de pénétration mobile est de 45 %, celui d’internet est de 33 % pour une couverture réseau de 93 % » a-t-il révélé.De son côté, le gouverneur de Niamey le général de brigade Assoumane Amadou a insisté sur la nécessité de contrôler la circulation de l’information dans la société contemporaine. Pour lui, l’information est le carburant du « train de la mondialisation qui avance à vive allure. Pour ne pas être laissés à quai, nos États doivent s’accrocher, s’agripper, car il n’y a pas d’autres choix ». Il a aussi fait ressortir la grande valeur qu’ont les informations dans notre monde actuel « La prospérité n’est plus l’argent, mais le savoir auquel est contiguë désormais le numérique ».
Aminata Zerbo, ministre du numérique du Burkina Faso pays d’honneur de cette 1ere édition de la Senum Niger s’est de son côté attardée sur le rôle que doivent jouer les États pour conquérir et renforcer leur souveraineté grâce au numérique. Elle a indiqué que le développement des infrastructures numériques pouvait permettre de lutter efficacement contre la corruption et de permettre à l’administration des pays d’être présent sur toute l’étendue de leurs territoires. « Nous sommes responsables pour permettre à nos jeunes de profiter pleinement du numérique et de toutes les chances qu’offre le numérique pour exprimer leur créativité » a t-elle déclaré. « Nous sommes également responsables pour concevoir des solutions visant à protéger notre cyberespace et limiter les menaces du numérique sur notre population, notamment notre jeunesse» a ajouté Aminata Zerbo .

Le Premier ministre par intérim et ministre de la Défense, Salifou Mody a prononcé au nom du gouvernement de transition, un discours dans lequel il est revenu sur le contexte sécuritaire. « Depuis quelques années, notre pays fait face à une crise sécuritaire sans précédent aux conséquences destructrices qui a entraîné la perte de nombreuses vies au sein des forces de défense et de sécurité et aussi parmi les populations civiles à laquelle s’est ajoutée une crise humanitaire ayant impacté négativement notre vivre ensemble » rappel le général 4 étoile.Pour lui, cette guerre contre le terrorisme ne peut être gagnée sans l’apport du numérique.C’est pourquoi, « il faudra concevoir et mettre en place les infrastructures numériques et les services publics y afférant au bénéfice de l’administration et de la population Ces infrastructures devraient assurer à terme une souveraineté certaine à tous les niveaux de la vie socio-économique de notre pays et j’y attache du prix à ses conclusions, car nous en ferons bon usage pour conduire les réformes de modernisation de notre administration et de notre économie » a indiqué le ministre de la défense.

La tenue de cette première semaine du numérique au Niger traduit la volonté du CNSP de faire du numérique, l’un des leviers de la transformation économique du Niger.Notons qu’une mention spéciale été faite par les autorités de la transition à l’Agence Jeunesse Production cheville ouvrière de cette première édition de la Senum Niger 2024 qui est en effet un franc succès.
Youssouf Seriba

