Niger : confusion autour du sort de l’ex-président Mohamed Bazoum

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(Les Echos du Niger 6 avril) Détenu depuis le 26 juillet à la suite du coup d’État ayant permis au général Tiani d’accéder au pouvoir, le sort de Mohamed Bazoum alimente depuis lors de nombreuses rumeurs. Au cours du mois de mars, au début du mois de Ramadan, des sources diplomatiques nigérianes indiquaient que les dirigeants du CNSP étaient favorables à la libération de l’ancien président dans les plus brefs délais après la libération de son fils Salem en janvier dernier pour des raisons humanitaires. Leur condition était toutefois que celui-ci accepte de quitter le pays dès qu’il sera libéré. Les mêmes sources affirmaient que l’ancien président était contre cette idée d’un exil forcé.

À 3 jours de la fin du Ramadan, le constat est sans appel. L’ancien président Mohamed Bazoum n’est toujours pas libre. On peut donc supposer que celui-ci reste camper sur sa décision et ne compte pas quitter le pays s’il était libéré, ce qui aurait poussé le CNSP à prolonger sa détention. Mais un dernier fait vient ajouter une couche de confusion au feuilleton Bazoum.

Hier 5 avril 2024,  le CNSP a saisi la Cour d’Etat au fin  de la levée de l’immunité de l’ex président. Le gouvernement de transition l’accuse de haute trahison et d’apologie et financement du terrorisme. Deux accusations graves qui sont passibles de la peine capitale.

La possible levée de l’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum pourrait conduire à sa mise en accusation devant les tribunaux et à son procès. Mais, certains analystes pensent qu’il s’agit d’une manœuvre du CNSP pour accentuer la pression sur le président Bazoum et le contraindre enfin à prendre la route de l’exil comme la plupart des membres de son ancien gouvernement. En attendant, le délibéré de la Cour d’Etat est attendu le mai prochain.

Mawulolo Ahlijah

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