Intégration : le Niger, le Burkina-Faso et le Mali s’unissent pour combattre les groupes terroristes

Sécurité

(Les Echos du Niger 10 mars) Le Niger, le Mali et le Burkina Faso, les trois pays rassemblés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) viennent d’annoncer la création d’un front armé pour faire face aux groupes terroristes.  Cette annonce n’est pas en soi une surprise. Le but principal derrière la signature de la charte du Liptako-Gourma qui a institué l’AES est justement  de mieux coordonner la lutte contre les groupes terroristes.

Cette « force conjointe des pays de l’AES sera opérationnelle dans les plus brefs délais pour prendre en compte les défis sécuritaires dans notre espace », explique le général Moussa Salaou Barmou, chef d’état-major nigérien des armées, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion qui a rassemblé les chefs d’Etat-major du Burkina-Faso et du Mali. Toutefois, les contours et les effectifs de cette force n’ont pas été précisés.

« Nous sommes convaincus qu’avec les efforts conjugués de nos trois pays, nous parviendrons à créer les conditions d’une sécurité partagée », a assuré le général Barmou. Il a précisé que les trois armées étaient parvenues à élaborer un concept opérationnel qui « permettra d’atteindre les objectifs en matière de défense et de sécurité » dans l’immense territoire des trois pays.

Cette annonce intervient dans un contexte particulier. À la fin de janvier, le Niger, le Burkina-Faso et le Mali ont annoncé qu’ils quittaient la Cedeao sans respecter le délai d’un an, comme le prévoient les textes de l’organisation. Le général Abdourahamane Tiani (Niger), le colonel Assimi Goïta (Mali) et le capitaine Ibrahim Traoré (Burkina) avaient déjà accusé à plusieurs reprises cette organisation d’être inféodée à la France. Ils lui ont également reproché son inaction et son mutisme dans la lutte qu’ils mènent contre les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique.

Dans la foulée, la Cédéao a annoncé la levée de toutes les sanctions qui pesaient sur le Niger avec effet immédiat. Plusieurs dirigeants ont demandé aux pays de l’AES de ne pas quitter l’organisation communautaire. Le président de la commission de la Cédéao a dans une récente sortie demandé aux pays membres d’activer rapidement la force en attente pour lutter contre les groupes djihadistes au Sahel.

Mais tout semble indiquer que le temps des réconciliations est déjà révolu pour le Niger et les autres pays de l’AES. Les trois régimes ont fait savoir que leur décision de retrait de la Cedeao est irréversible. Ils envisagent de former dans les plus brefs délais une confédération. Après la création de la force militaire conjointe, la prochaine étape devrait être la sortie du franc CFA.

Mawulolo Ahlijah

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