(Les Échos du Niger 13 mars) Dans un article publié par le média en ligne nigérian Dailytrust, il semblerait que le CNSP soit disposé à libérer l’ancien président Mohamed Bazoum, et son épouse, Khadija.
L’article s’appuie sur de nombreuses sources diplomatiques et journalistiques au Nigeria et au Niger qui auraient confirmé les projets du gouvernement militaire de libérer le président déchu avant ou dans les quelques jours suivant le début du mois sacré du Ramadan. Cela signifie que dans la semaine en cours ou dans la prochaine semaine, l’ancien chef de l’État pourrait recouvrer sa liberté. « Le couple verra sa détention transformée en assignation à résidence à tout moment avant le mois sacré musulman du Ramadan qui doit commencer lundi et mardi. » peut-on lire dans l’article du Dailytrust. Toutefois, et toujours selon le Dailytrust, la libération du Bazoum provoque un certain malaise au sein du CNSP.
En effet, l’ancien président déchu lors du coup d’État du 26 juillet, ne veut pas quitter le pays. Il insiste après sa libération à demeurer au Niger au motif qu’il n’est pas intéressé à s’installer dans un autre pays. Cette situation met la haute hiérarchie militaire du pays mal à l’aise. Le président Bazoum a été accusé par le gouvernement de transition de haute trahison et devrait faire face à la justice s’il demeure dans le pays. Il serait donc plus simple qu’il prenne le chemin d’un exil volontaire. Le CNSP serait dans ces circonstances à la recherche d’un moyen de faire les choses correctement lors de la remise en liberté du président déchu si jamais celui-ci refuse catégoriquement de quitter son pays. La question qu’on pourrait se poser est de savoir pourquoi le président Bazoum persiste à vouloir rester au Niger malgré les graves accusations qui sont portées contre lui ?
Il n’est pas aisé d’apporter une réponse à cette interrogation. Mais certains experts pensent que l’ancien chef de l’État n’a pas totalement renoncé au pouvoir et envisagerait de se porter candidat aux élections présidentielles marquant la fin de la période de transition.Il ne s’agit pas d’une première au Niger. En 1996, le général Ibrahim Baré Maïnassara renverse le président Mahamane Ousmane et se saisit du pouvoir. Après un bref moment d’incarcération, ce dernier est libéré et demeure dans le pays.
Il est candidat à l’élection présidentielle qui a lieu au mois de juillet de la même année mais perd dans des conditions discutables face au général Ibrahim Baré Maïnassara. Certains observateurs affirment que les élections ont été truquées et que le véritable vainqueur était le président déchu Mahamane Ousmane. D’autres analystes politiques soutiennent de leurs côtés que le président Bazoum souhaite rester au Niger pour affronter la justice et prouver son innocence.
Quoi qu’il en soit, il faut dire que la question de la libération de l’ex-président divise les nigériens. Certaines personnes estiment que l’ancien président mérite de recouvrer sa liberté. Pour d’autres, au contraire, Mohamed Bazoum s’est rendu coupable de nombreux crimes et doit faire face à la justice et à son châtiment.
Mawulolo Ahlijah

