(Les Echos du Niger 17) Selon un rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD) publié hier vendredi 16 février, le Niger demeure parmi les pays africains ayant la plus forte croissance sur le continent en 2023. Mieux, le pays qui est plongé dans une grave crise politique et est au cœur des tensions régionales serait à la tête des économies ayant les plus fortes croissances sur le continent. Ces affirmations qui date de cette pourraient étonner plus d’un. Le pays dirigé par le général Tiani susciterait-il beaucoup de sympathie auprès des économistes de la Bad ? Cela est loin d’être probable.
Alors comment malgré les sanctions économiques et financières de la Cédéao qui ont plongé le pays dans une grave crise, les indicateurs macroéconomiques restent au vert ? Tout d’abord, il ne faut pas oublier que le coup d’État n’a eu lieu qu’au mois de juillet 2023. Les chiffres de la Bad couvrent quant à eux toute l’année. Aussi, si la note du pays vient d’être dégradée par l’agence de notation Moody’s à cause des impayés qui s’élèvent à 500 millions de dollars, le pays est resté pendant une grande partie de l’année 2023, un bon débiteur sur les marchés financiers.
Notons aussi la mise en service du pipeline Niger-Bénin qui a entrainé une hausse considérable de la quantité de pétrole exploité par le pays et devrait avoir une incidence significative sur les recettes. Même si la croissance devrait être modeste au cours de l’année 2024, le Niger devrait continuer par afficher une croissance positive que beaucoup de pays africains pourraient envier.
Cette assertion de la BAD intervient au moment où la Banque mondiale qui a suspendu ses activités au Niger depuis le 26 juillet a émis son souhait de reprendre la coopération avec Niamey. Le jeudi dernier une mission d’évaluation de l’institution de Breton Wood a rencontré le PM Lamine Zeine et son gouvernement. Une rencontre qui sans aucun doute augure de bonne nouvelles pour les jours à venir.
Question : cette dynamique de croissance va-t-elle se poursuivre en 2024 quand on sait que le pays se trouve dans l’impasse sur le plan politique avec le retrait annoncé de la CEDEAO qui ne sera pas sans conséquence sur l’économie ? Le budget de l’Etat pour cette année est pour l’heure équilibré en recette et en dépenses à 2.653 milliards de francs CFA.
Youssouf Sériba
