(Echos du Niger,9 sept) Le lundi 7 septembre dernier, la Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi a, au cours d’un point de presse animé , fait le point d’avancement du processus de recrutement sans concours des enseignants contractuels du secteur de l’éducation et de la formation lancé par son département en collaboration avec le ministère de l’Education.
Ainsi,54 889 dossiers déposés pour 11 015 postes d’enseignants contractuels apprend-on. Cette situation, bien davantage qu’une statistique administrative donnent une photographie partielle d’un problème structurel que vit notre pays: la pression exercée par une population très jeune sur un marché de l’emploi formel encore limité.
Pour chaque poste annoncé, environ cinq dossiers ont ainsi été enregistrés.L’État doit simultanément résoudre deux équations : offrir suffisamment d’enseignants à une population scolaire croissante et créer des perspectives professionnelles pour les jeunes formés.
Le recrutement massif peut améliorer les effectifs dans les classes. Mais son impact dépendra de plusieurs variables : répartition géographique, qualification des recrutés, formation continue, présence effective dans les zones rurales et disponibilité des infrastructures. L’enjeu dépasse donc le nombre d’enseignants.
La Banque mondiale a placé le capital humain parmi les axes de son nouveau partenariat avec le Niger pour 2026-2031, avec notamment l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement bénéficiant à quelque 300 000 élèves.
Pour le Niger, la question pourrait se résumer ainsi : recruter davantage, certes, mais pour enseigner dans quelles conditions et avec quels résultats ?
Une école performante ne se mesure pas seulement au nombre d’agents intégrés dans la fonction publique. Elle se mesure à la capacité des enfants à lire, écrire, calculer, raisonner et acquérir les compétences permettant ensuite leur insertion économique.
Le recrutement actuel constitue donc une opportunité. Sa réussite devra être évaluée, dans quelques années, moins par les 11 015 contrats signés que par les progrès des élèves placés devant ces nouveaux enseignants.
