(Échos du Niger 26 août)La première session du Parlement confédéral de l’AES intervient à un moment où le Burkina Faso, le Mali et le Niger cherchent à transformer alliance politique et sécuritaire en véritable organisation institutionnelle. L’enjeu est considérable. Depuis la création de la Confédération, les trois États ont multiplié les initiatives destinées à donner corps aux projets communs.
L’architecture de la confédération comprends de façon opérationnelle des organes politiques, financiers, médiatiques et sécuritaires. Ici on peut citer la Banque confédérale pour l’investissement et le développement, les médias confédéraux et la force unifiée de lutte contre le terrorisme. Mais la construction institutionnelle pose nécessairement la question du pouvoir.
Quelle sera la portée réelle des décisions du Parlement ?…
S’agira-t-il d’un organe consultatif ou d’une institution disposant d’une capacité normative ? Comment les décisions prises au niveau confédéral seront-elles transposées dans les législations nationales ? Autre interrogation : la représentation. Les populations des trois pays doivent pouvoir comprendre comment leurs intérêts seront portés au sein de cette nouvelle architecture. Une institution qui fonctionne essentiellement à huis clos risquerait de reproduire les défauts de certaines structures régionales anciennes.
La crédibilité du Parlement dépendra donc de sa transparence, de la publication de ses travaux et de la possibilité pour les citoyens de suivre ses débats. Il y a également la question du coût. Les hauts fonctionnaires de l’AES ont recommandé la budgétisation des activités de la feuille de route afin de connaître leur coût annuel. Cette même exigence devrait s’appliquer au Parlement.
L’AES entre ainsi dans une phase plus difficile : celle où l’efficacité institutionnelle doit soutenir l’enthousiasme politique . La réussite du Parlement confédéral ne se mesurera moins par le nombre de discours prononcés lors des sessions, mais aux réponses apportées aux préoccupations quotidiennes des citoyens de Ouagadougou, Bamako et Niamey.
http://www.lesechosduniger.com
