(Echos du Niger 16 aout) Le projet de raffinerie de Dosso prend progressivement une dimension qui dépasse largement la construction d’une unité industrielle. Il constitue l’un des tests les plus importants de la politique de souveraineté économique initiée par le CNSP et le gouvernement. Pendant des années, le paradoxe pétrolier nigérien a été évident : produire du brut tout en continuant à dépendre largement de capacités limitées de raffinage pour satisfaire les besoins nationaux. La création d’une nouvelle raffinerie vise précisément à réduire cette contradiction.
Le projet avait été présenté par les autorités comme devant associer raffinerie, complexe pétrochimique et centrale électrique. Le ministère du Pétrole avait évoqué une capacité initiale de 30 000 barils par jour, extensible à 100 000 barils par jour.
Mais l’ambition industrielle doit désormais affronter l’épreuve la plus délicate : le financement. En juin 2026, le ministre Hamadou Tini rappelait que le gouvernement voulait une raffinerie classique et que la poursuite du projet dépendait notamment de la qualité des études et de garanties financières suffisantes.
La signature annoncée le 15 août avec Zimar, pour un investissement estimatif de 1,9 milliard de dollars, constitue donc une étape politique et économique importante. Elle ne doit cependant pas être confondue avec la mise en service de l’usine.
Entre une convention, un bouclage financier, un chantier industriel et une exploitation rentable, plusieurs étapes restent nécessaires.
L’enjeu pour Niamey est aussi de négocier un modèle qui maximise les retombées nationales : emplois, formation de techniciens, sous-traitance locale, fiscalité, disponibilité des produits pétroliers et développement d’une véritable chaîne pétrochimique. La raffinerie de Dosso sera ainsi jugée moins sur le montant annoncé que sur sa capacité à produire effectivement, durablement et au bénéfice de l’économie nigérienne.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)
