Sécurité : le gouvernement accélère la structuration des « Domol Leydi » pour renforcer le dispositif sécuritaire

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(Échos du Niger 7 août) Les autorités de la Refondation ont franchit une nouvelle étape dans la formalisation des groupes d’autodéfense. Réunis jeudi 6 août 2026 au gouvernorat de Tillabéri, les principaux acteurs administratifs, coutumiers et sécuritaires ont échangé avec le comité ad hoc chargé de définir les modalités de recrutement et d’organisation de la force d’autodéfense « Domol Leydi », désormais appelée à évoluer dans un cadre juridique et opérationnel clairement établi. Présidée par le Secrétaire général adjoint du ministère de la Défense nationale, le Général de Brigade Mamane Souley, également président du comité ad hoc, cette rencontre visait à recueillir les avis des autorités locales afin d’adapter le futur dispositif aux réalités du terrain.

Dès l’ouverture des travaux, le Général Mamane Souley a rappelé l’objectif de cette rencontre et le contexte dans lequel il se tient. « La situation sécuritaire que connaît le pays a conduit le ministre de la Défense nationale à demander un examen minutieux de l’existence et du fonctionnement des forces d’autodéfense », a-t-il expliqué. Institué en janvier 2026, le comité a, selon lui, constaté « l’immense travail accompli par ces jeunes volontaires pour contribuer à la sécurisation de leurs territoires ».

Ce constat a conduit les autorités à adopter une ordonnance créant officiellement les « Domol Leydi », avec pour ambition de mettre fin au caractère informel de ces groupes.

« Il s’agit de jeunes gens qui se sacrifient, au même titre que nos forces de défense et de sécurité, pour défendre la patrie », a insisté le président du comité, précisant que deux décrets présidentiels encadrent désormais leur fonctionnement ainsi que les avantages qui leur sont accordés. Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, les autorités souhaitent surtout instaurer des règles strictes de recrutement, de commandement et de coordination avec les Forces de défense et de sécurité (FDS). L’objectif est d’éviter les dérives observées ces dernières années tout en renforçant l’efficacité de ces supplétifs dans les zones les plus exposées aux attaques terroristes. A ce titre, le gouverneur de Tillabéri, le Colonel Maïna Boukar, a dressé un bilan nuancé de l’expérience des groupes d’autodéfense.

Il a distingué les unités encadrées par les FDS, qui « ont fait leurs preuves sur le terrain », des groupes constitués à l’initiative des communautés ou financés par la diaspora. S’il a salué leur contribution à la protection des populations, il a également dénoncé les agissements de certains éléments impliqués dans « les vols, les enlèvements de bétail, les assassinats ou encore le racket des populations », des comportements ayant parfois alimenté la méfiance entre communautés. Pour corriger ces insuffisances, le gouverneur préconise une organisation territoriale regroupant plusieurs villages au sein d’un même secteur, estimant qu’une telle approche favoriserait « la cohésion sociale et le vivre-ensemble » tout en améliorant l’efficacité du maillage sécuritaire.

Les responsables des opérations Almahaou et Niya ont, pour leur part, souligné que les « Domol Leydi » constituent « un acteur non négligeable dans le processus de sécurisation » grâce à leur proximité avec les populations. Leur efficacité, ont-ils toutefois rappelé, dépendra d’un encadrement rigoureux, d’une organisation structurée et d’une coordination permanente avec les FDS.

À travers cette consultation, les autorités nigériennes affichent leur volonté de transformer ces groupes d’autodéfense en un maillon complémentaire des forces régulières, dans un contexte où la sécurisation durable des zones rurales demeure l’un des principaux défis du pays.

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