Niger : l’ONC suspend la diffusion de neuf médias étrangers

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Dans une décision annoncée la semaine dernière, l’Observatoire national de la Communication (ONC) du Niger a annoncé la suspension de diffusion, sur toute l’étendue du territoire national, de neuf  (09) médias étrangers. Il s’agit pour l’essentiel de médias français dont certains étaient déjà sous le coup de la censure des autorités nigériennes. Le régulateur de la Com reproche à France 24, RFI, l’AFP, TV5Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Média et LSI Africa, la diffusion de contenus « susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale et la stabilité des institutions ». 

Dans son communiqué, l’Observatoire National de la Communication (ONC) dit informer l’opinion publique nationale et internationale qu’il a été décidé de suspendre, par décision N° 00012/PONC/SG/DAJC du 08 mai 2026, la diffusion sur l’ensemble du territoire national des médias suivants : France 24, RFI, France Afrique Média, LSI Africa, AFP, TV5 Monde, TFI Info, Jeune Afrique et Mediapart.

« Cette décision fait suite à la diffusion répétée de contenus et traitements médiatiques susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, la cohésion sociale, la stabilité des institutions républicaines des pays membres de l’AES, ainsi que le moral des Forces de Défense et de Sécurité engagées dans la défense de nos pays », est-il indiqué dans le document signé par le Président Ibrahim Manzo Diallo.

Selon le gendarme nigérien de la communication, « dans le contexte actuel marqué par les défis sécuritaires et les menaces informationnelles, l’ONC rappelle que la liberté de la presse doit s’exercer dans le respect des lois de la République, de l’éthique professionnelle et des intérêts supérieurs de la Nation ».

L’Observatoire a saisi l’occasion pour appeler l’ensemble des médias nationaux et internationaux, les acteurs du numérique ainsi que les leaders d’opinion à faire preuve « de responsabilité, de professionnalisme et de retenue dans le traitement des questions liées à la sécurité, à la paix sociale et à l’unité nationale ».

L’ONC a enfin réaffirmé « son engagement en faveur d’un espace médiatique responsable, professionnel et respectueux de la souveraineté nationale ».

La liberté de presse menacée au Niger selon RSF

C’est la première mesure d’envergure du nouvel organe de régulation de la communication mis en place par les autorités de la Transition et cette décision de suspension intervient une semaine après la publication du dernier rapport annuel de Reporters Sans Frontière (RSF) sur la liberté de la presse dans lequel le Niger enregistre une dégringolade de 19 places, la plus importante des 180 pays classés dans l’édition 2026 de l’Indice.

Dans son rapport, RSF a fait cas avec une attention particulière de l’état de la liberté de presse dans les pays à régime et transition militaire de la Confédération des Etats du Sahel (AES). « Des lois de “sécurité nationale”, ou contre la cybercriminalité, sont instrumentalisées pour entraver les journalistes. », a noté l’organisation pour qui, c’est parce que « les juntes au pouvoir au Sahel ont rétréci l’espace civique et détourné les lois » qu’un pays comme le Niger (120e ; – 37) connaît la plus importante baisse au monde alors que le Mali (121e ; – 2) et le Burkina Faso (110e ; – 5) continuent de chuter.

Pour RSF, cela illustre « une répression de plus en plus coordonnée de la presse » dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). En effet, est-il indiqué dans le rapport, « les régimes militaires y maintiennent arbitrairement des journalistes en détention », sous des charges telles que “diffusion de fausses informations”, “atteinte au crédit de l’État” ou encore “diffusion de reportages pouvant créer des troubles à l’ordre public”. Au moins cinq  (05) reporters sont détenus au Niger, un l’est au Mali, et deux sont toujours portés disparus au Burkina Faso. À cela s’ajoutent les suspensions de médias, par des autorités qui souhaitent « contrôler le narratif des médias », a relevé RSF.

Ikali Dan Hadiza