Site icon

Sahara : le Mali retire sa reconnaissance à la RASD et s’aligne sur la proposition d’autonomie du Maroc

Publicités

Le Mali a décidé de retirer sa reconnaissance à la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) et de reconnaitre officiellement la proposition marocaine d’autonomie sous souveraineté du Royaume, comme « la solution la plus réaliste » à ce conflit qui perdure depuis des décennies. L’annonce a été faite lors de la conférence conjointe animée ce même jour à Bamako, par le Chef de la diplomatie malienne Abdoulaye DIOP, et son homologue marocain Nasser BOURITA, en visite de travail dans la capitale malienne. Alors que l’Algérie tente un nouveau rapprochement avec les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), par le truchement du Niger, cette décision de Bamako risque de crisper la désescalade entrevue par certains entre les autorités maliennes et algériennes.

C’est un joli coup diplomatique pour le Maroc et une nouvelle posture pour Bamako qui se détourne d’Alger pour s’aligner sur la position défendue par le Maroc dans le contentieux du Sahara occidental.   

Le Mali a annoncé, aujourd’hui, qu’«après analyse approfondie de cet important dossier du Sahara » qui a un impact sur la paix et la sécurité sous régionales, sa décision de «retirer sa reconnaissance » à la « République Arabe Sahraouie Démocratique » (RASD).

Cette position a été exprimée dans une Déclaration du gouvernement malien prononcée par M. Abdoulaye DIOP, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Mali, à l’issue de sa rencontre avec son homologue marocain. Le Chef de la diplomatie marocaine qui était il y a quelques jours à Niamey, au Niger, effectue une visite à Bamako sur instructions du Roi Mohammed VI.

Dans cette même Déclaration, le Mali «soutient le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme la seule base sérieuse et crédible pour la résolution de ce différend et considère qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la solution la plus réaliste».

Le Mali a exprimé, en outre, «son appui aux efforts des Nations Unies et de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2797 (2025), adoptée le 31 octobre 2025», poursuit le document. Selon le ministre Abdoulaye Diop, cette décision sera partagée avec les organisations régionales et internationales dont le Mali est membre, ainsi qu’avec le Corps diplomatique accrédité à Bamako.

Conséquence directe de cette décision, le Maroc a offert un cadeau à son partenaire avec désormais, la suppression officiel de l’Autorisation Électronique de Voyage  (AEVM) pour tous les citoyens maliens et l’octroi de 300 bourses d’études au Mali. Aussi, pour impulser une nouvelle dynamique qu’ouvre cette nouvelle ère de coopération, les travaux de la 4e Grande commission mixte entre les deux pays vont se tenir d’ici juillet prochain avec en perspectives, la conclusion de nouveaux accords dans divers domaines.

Au-delà des répercussions immédiates sur les relations bilatérales, déjà denses,  entre l’axe Bamako-Rabat, c’est pourtant l’enjeu diplomatique de cette  décision qui va surtout changer la donne dans la sous-région avec des conséquences  qui ne seront pas à négliger sur la posture de la Confédération AES.

L’axe Bamako-Rabat en marche

Au cours de son séjour à Bamako, le chef de la diplomatie marocaine a été reçu en audience  au Palis de Koulouba, par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Chef de l’État.

À l’issue de l’entretien, le Chef de la diplomatie marocaine a déclaré avoir eu l’honneur d’être reçu par le Président de la Transition, à qui il a transmis les salutations fraternelles de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ainsi que « la volonté renouvelée du Souverain de renforcer davantage les relations bilatérales entre Bamako et Rabat ».

Le Ministre Nasser BOURITA a, par ailleurs, réitéré le « soutien constant » du Roi Mohammed VI à l’intégrité territoriale du Mali et à son unité nationale. Il a également renouvelé « l’appui du Royaume du Maroc à l’ensemble des mesures engagées sous la conduite de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA en vue du rétablissement de la sécurité et de la quiétude sur l’ensemble du territoire national ».

Selon la Présidence malienne, cette audience a offert l’occasion à la partie marocaine de recueillir les orientations et conseils du Président de la Transition sur les voies et moyens de consolider la coopération bilatérale, notamment dans les domaines économique, académique et sécuritaire entre le Mali et le Maroc.

Au nom du Roi Mohammed VI, le Ministre marocain a exprimé « sa gratitude au Président de la Transition pour la décision historique du Mali de retirer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique ».

Avec cette décision, Bamako se rapproche donc de Rabat, au détriment d’Alger qui mise sur le Niger pour relancer ses relations tendues avec l’AES depuis sa crise avec Bamako.

A.Y.Barma

Quitter la version mobile