Justice : l’ancien ministre Mamoudou Djibo écroué à Kollo dans une sombre affaire de « viol présumé »

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Le landerneau politique et universitaire nigérien est de nouveau secoué par une sombre affaire de mœurs qui implique un des siens. Il s’agit de l’historien et homme politique Mamadou Djibo, PHD, écroué depuis le mardi dernier à la prison civile de Kollo, près de Niamey. L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur  et de la recherche scientifique, promoteur d’un institut privé de formation à Niamey,  fait l’objet d’une instruction judiciaire dans le cadre d’une affaire de «viol présumé », suite à une plainte d’une victime inscrite au sein de son établissement. Pour l’heure, la procédure suit son cours et le mis en cause bénéfice de la présomption d’innocence, mais l’affaire qui commence à faire grand bruit remet à nouveau au cœur de l’actualité, certaines pratiques peu orthodoxes et qui, au mépris de l’éthique professionnelle et de la morale sociale,  auraient cours au sein des établissements d’enseignements supérieurs et qui impliquent des encadrants et leurs élèves comme dénoncé à plusieurs reprises par des syndicats d’étudiants.  

C’est la nouvelle affaire qui défraie la chronique bien qu’elle a pris un certains temps avant qu’elle ne fasse le tour des réseaux sociaux tant les faits sont graves et le profil du mis en cause assez « balaise » ! L’ancien ministre de l’Enseignement Supérieur et Professeur universitaire, PhD Mamoudou Djibo,  a été placé sous mandat de dépôt et transféré, depuis le mardi 06 janvier 2026, à la prison civile de Kollo, près de la capitale Niamey. Selon des sources proches du dossier cité par plusieurs médias dont le quotidien privé « L’Enquêteur », le promoteur de l’établissement d’enseignement privé « Elite » fait l’objet d’une procédure  dans le cadre d’une sombre affaire de viol présumé.

D’après les mêmes sources, c’est suite à une plainte d’une jeune femme, étudiante au sein de son établissement que la justice a ouvert une enquête.  L’ancien ministre a d’abord été entendu à la Police Judiciaire (PJ) puis présenté au parquet du Tribunal de Grande Instance Hors Classe (TGI/HC) de Niamey. Le procureur a ensuite saisi un juge d’instruction, qui a décidé de l’inculper pour « viol présumé » et de le placer en détention provisoire, le temps de la poursuite de l’information judiciaire.

Une sombre affaire de mœurs qui éclabousse à nouveau le monde politique et universitaire

Depuis mardi donc, le Professeur Mamadou Djibo croupit à la Prison civile de Kollo et l’enquête se poursuit. A ce stade de l’instruction, il continue de bénéficier de la présomption d’innocence d’autant qu’aucune information officielle n’a été encore faite par les autorités.

Il faut dire que malgré la gravité des faits, l’affaire reste dans le cadre du domaine privé et pourrait rester telle sauf que le mis en cause n’est pas n’importe qui ! En plus d’être un homme politique bien en vue, président-fondateur de l’ancien parti MURNA-FARAHA, le professeur Mamoudou Djibo, 70 ans, est un universitaire renommée, spécialiste de l’histoire politique qu’il enseigne d’ailleurs à l’Université Abdou Moumouni (UAM) de Niamey et auteur de plusieurs ouvrages scientifiques. Il fut ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation à deux reprises notamment entre avril 2021 et juillet 2023 sous la présidence de Mohamed Bazoum.

Tout récemment il a été nommé du « Comité chargé de la réécriture de l’Histoire générale du Niger » mis en place par le CNSP et préside le Comité scientifique et d’organisation de la « Rencontre Culturelle Internationale dédiée aux langues et cultures Zarma-Sonrhaï-Dendi et apparentées » (ReCI).

En plus de l’onde de choc qu’elle provoque actuellement au sein de l’opinion et notamment le monde politique, où les politiciens ne sont pas très en vue dans le contexte actuel, cette sombre affaire remet à l’ordre du jour des pratiques en déphasage avec l’éthique professionnelle et la morale sociale qui ont cours dans certains établissements et institutions du pays. De mauvaises pratiques qu’on feint d’ignorer bien que des cas sont légions surtout dans le monde scolaire et universitaire avec ce qui est plus considéré depuis fort longtemps comme de simple fait divers ou de société malgré leur gravité. C’est le cas des « Notes sexuellement transmissibles » (NST) qui mettent en cause encadrants et étudiantes mais que personne ne veut en parler publiquement.

On se rappelle que l’année passée à l’Université André Salifou de Zinder (UAS), le Secrétaire générale du syndicat des étudiants (UENUZ) a été exclut de l’établissement pour avoir publiquement dénoncé les agissements de certains professeurs universitaires avec leurs étudiantes.

Avec cette affaire, et bien que la culpabilité de l’ancien ministre n’est pas encore à ce stade établi, nul doute que les langues vont certainement commencer à se délier sur les cas du genre, et ils sont légions,  surtout si la procédure arrive à son terme pour qu’elle puisse servir d’exemple. C’est déjà un premier pas dans la lutte contre cette forme grave de violence basée sur le genre (VBG) que toute le monde feint de ne pas voir…

Ikali Dan Hadiza (les echosduniger.com)