Gouvernement : qui est Hamadou Tinni, le nouveau ministre du Pétrole nommé par le général Tiani ?

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Le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a signé mardi 6 janvier 2026 un décret portant réaménagement technique du gouvernement. Au terme de ce décret, M. Hamadou Tini, est nommé ministre du Pétrole en remplacement du Dr Sahabi Oumarou, en poste depuis août 2024. Associé au cabinet international de consulting Mazars Sénégal, où il est en charge de l’activité audit et commissariat aux comptes, M. Tini cumule 20 ans d’expérience dans le conseil et l’audit. Il s’agit du 3e ministre nommé à ce poste en 3 ans par le Président de la république, le Général Abdourahamane Tiani, qui a donc choisi de faire appel à une compétence de la diaspora pour gérer ce portefeuille stratégique devenu le maroquin le plus éjectable du gouvernement.

Selon sa biographie officielle, le nouveau ministre du Pétrole, M. Hammadou Tini est Associé chez Mazars au Sénégal, où il dirige l’activité d’audit et de commissariat aux comptes. Mazars, une organisation internationale intégrée et indépendante, se spécialise dans l’audit, le conseil et divers services comptables, fiscaux et juridiques.

Avec près de 20 ans d’expérience dans le domaine de l’audit et du conseil, Tini a géré de nombreuses missions, notamment des audits, de l’expertise comptable, ainsi que des évaluations d’entreprise et des fusions. Son intervention s’est également étendue aux réformes complexes du secteur public, financées par des bailleurs de fonds internationaux, englobant des missions variées comme la gestion administrative et financière déléguée, l’organisation informatisée et l’assistance gouvernementale pour les programmes de privatisation.

Expert en matière d’arrêté des comptes, Tini maîtrise la doctrine comptable et les évolutions techniques internationales, notamment les normes IFRS. Ses compétences en comptabilité, organisation et analyse financière lui ont permis de mener à bien des audits d’acquisition, des commissariats aux apports, des missions d’expertise judiciaire, ainsi que plusieurs missions de conseil et de formation.

Connu pour sa connaissance approfondie des secteurs minier et pétrolier, il a réalisé des missions significatives dans ces domaines. Tout au long de sa carrière, Hamadou Tini a également conduit d’importantes missions de diagnostic financier et organisationnel, d’études de faisabilité sur des instruments financiers, ainsi que la mise en place de marchés hypothécaires et de titrisation des créances, contribuant à l’adoption de référentiels comptables pour les systèmes financiers décentralisés.

Une compétence de la diaspora pour un ministère stratégique mais problématique

M. Hamadou Tini est le 3e ministre à être nommé à ce poste stratégique par le Général Tiani depuis les évènements du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir. Le premier à être nommé, Bako Barké Mahaman Moustapha, a été limogé un an plus tard avant de passer par la suite par la case détention pendant plus d’une année.

Le prédécesseur du nouveau ministre, Dr Sahabi Oumarou, juriste et spécialiste du droit des contrats OHADA, n’aura pas soufflé deux années à la tête du même ministre avant d’être débarqué à son tour sans explications.

C’est donc sur les épaules d’une compétences de la diaspora que repose désormais l’espoir des autorités de la Refondation dont l’ambition pour le secteur est de d’affirmer davantage la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles qu’elles entendent mettre en valeur pour le grand bonheur des populations.S’il a le background nécessaire pour conduire une telle mission, il va lui en falloir plus pour relever les défis  de ce ministère stratégique mais à problèmes où il aura fort à faire avec les partenaires chinois de la CNPC et de leurs filiales nigériennes. Les autorités y placent toute leurs espoirs et les nigériens n’attendent que de profiter de cette manne dont le pays est producteur depuis 2012 mais dont l’impact sur leur vécu quotidien tout comme le développement du pays reste encore insignifiant. En dépit des centaines de millions de barils déjà tirés du sous-sol nigérien, raffinés et vendus sur le marché national et sous régional et depuis 2024, exportés dans sa version brut sur le marché international.

A.Y.B, Les échos du Niger