(Échos du Niger 30 octobre)Le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et le gouvernement de transition ont annoncé une série de nouvelles mesures fiscales et parafiscales destinées à alimenter durablement le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP). Ces dispositions, détaillées dans une ordonnance récemment publiée, visent à mobiliser davantage de ressources internes pour soutenir l’effort national de défense et de résilience économique du Niger.
Parmi les principales innovations, figure un prélèvement de 3 à 12 % sur certains produits d’importation, notamment ceux considérés comme des biens de consommation de luxe. De même, un prélèvement de 4 % sera appliqué sur la valeur des produits d’exportation agro-pastoraux et halieutiques énumérés dans l’annexe 2 de l’ordonnance.
Le texte prévoit également un prélèvement spécifique sur chaque autorisation, licence ou certificat délivré par le Guichet Unique du commerce extérieur, dont le montant varie selon la nature du document. Par ailleurs, les établissements publics, sociétés d’État et sociétés d’économie mixte verront un prélèvement de 15 % sur les produits de leurs placements financiers.
Les entreprises stratégiques seront mises à contribution à hauteur de 1 à 2 % de leur chiffre d’affaires, tandis que les agents publics, parapublics et du secteur privé verront un prélèvement de 1 % sur leur rémunération mensuelle nette, assorti d’une retenue supplémentaire sur certains avantages spécifiques des hautes personnalités.
Le dispositif s’étend également au secteur du numérique, avec un prélèvement de 1 % sur les factures mensuelles postpaid, les abonnements internet et les services de jeux proposés par les opérateurs et fournisseurs d’accès.
Des fonds spéciaux seront aussi concernés : 10 % sur le Fonds d’Accès Universel (FAU), 10 % sur le Fonds Minier et 10 % sur les Fonds d’intervention des régies financières. Les ONG et associations nigériennes devront, elles, s’acquitter d’une contribution mensuelle allant de 10 000 à 100 000 FCFA, selon leur taille et leur catégorie.
Enfin, l’État instaurera un prélèvement de 3 % sur le montant des loyers d’immeubles loués par les entités publiques, privées ou associatives, ainsi qu’un prélèvement de 0,5 % sur les marchés publics hors taxes.
Ces mesures, selon le gouvernement, traduisent la volonté du Niger de renforcer son autonomie financière et de soutenir l’effort de défense nationale dans un contexte régional marqué par de multiples défis sécuritaires et économiques.
Youssouf Seriba (lesechosdunigercom )

