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Finance : les banques du Niger parmi les moins performantes de l’UMOA (rapport).

Image d'illustration (©Forbes Afrique)

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(Echos du Niger 17 octobre) Le rapport 2024 de la Commission Bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africain (UMOA) conclue la solidité du secteur financier régional. Toutefois, les banques de certains pays au sein de l’espace monétaire peinent à suivre la dynamique de convergence vers les objectifs macros de la communauté. C’est le cas des banques au Niger où la progression reste timide, freinée par la petite taille du marché et la prudence des institutions financières selon le rapport. Décryptage

Le secteur bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) continue de croître, « le total des bilans des banques a atteint 72 068 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 9,3 % sur un an » selon le rapport annuel 2024 de la Commission bancaire de l’UMOA.
Cependant, tous les pays ne progressent pas au même rythme. Le Niger avec ses 3 % du total régional du marché peine à accélérer la transformation de son économie par le développement du secteur financier gage d’une croissance économique soutenue qui garantit un ruissellement des capitaux dans les secteurs porteurs tels que l’agriculture et l’élevage qui occupent 80% de la population selon l’INS. Pour cause, les banque ‘’nigériennes’’ sont trop axées sur des politiques prudentes et concentrées selon le rapport de l’UMOA. Dans le même temps, la Côte d’Ivoire, avec près de 40 % des actifs bancaires de la zone, reste la locomotive suivie du Sénégal avec 20 %.

Pour rappel, le paysage bancaire nigérien compte une douzaine d’établissements. Il s’agit de : la Bank of Africa -Niger (BOA-Niger) ; la Banque Agricole du Niger (BAGRI) ; Banque Atlantique Niger ; la Banque Commerciale du Niger (BCN) ; la Banque de l’Habitat du Niger (BHN) ; Banque Internationale pour l’Afrique au Niger (BIA-Niger) ; Banque Islamique du Niger (BIN) ; la Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC Niger) ; Ecobank Niger ; la Société Nigérienne de Banque (Sonibank) ; Orabank Niger ; la CBAO Niger.

Près de la moitié des ces banques sont des filiales de groupes étrangers notamment Ecobank, Orabank, BOA, BIA Niger, la CBAO qui dictent une stratégie de prudence au marché nigérien. Face à ces mastodontes panafricains, les banques à capitaux nationaux peinent à rivaliser en capitalisation et n’arrive pas à financer l’économie efficacement.

Selon le rapport de la Cobac, la politique de prudence de ces acteurs dominants se traduit par « une priorité aux grands comptes et aux institutions publiques, au détriment des PME, des commerçants et du monde rural ». Résultat : « le crédit au secteur productif nigérien reste marginal, estimé à 12 % du total des prêts » indique le rapport alors qu’au Sénégal par exemple, il est de 25 % selon le même rapport qui conclue que « cette frilosité bride la croissance et réduit l’impact du secteur bancaire sur le développement économique ».

Une rentabilité inférieure à la moyenne régionale…

La banque rime avec profits et rentabilité qui sont d’ailleurs des baromètres du marché financier. En la matière, les chiffres sont éloquents. Alors que la rentabilité moyenne dans l’Union a atteint 15,6 %, les banques nigériennes plafonnent autour de 12 %. De même, leur taux de dégradation du portefeuille reste l’un des plus élevés de la région, oscillant entre 10 et 12 %, contre 7 % au Sénégal et 6 % en Côte d’Ivoire, les deux locomotives de la région.

Ces écarts traduisent un risque de crédit plus élevé, lié à la concentration du portefeuille sur un petit nombre d’entreprises et à la vulnérabilité du contexte économique. La rentabilité, déjà fragile, est érodée par le coût du risque et la faiblesse de la demande solvable. Cette faible performance se reflète sur le plan de l’inclusion financière et de l’innovation.

Inclusion financière : le grand écart…

En 2024, le taux de bancarisation élargi (banques + mobile money) est de 20 % au Niger alors qu’il dépasse 60 % en Côte d’Ivoire et atteint 55 % au Sénégal selon les données de la Cobac.
Le mobile money progresse particulièrement à Niamey, avec environ 6 millions de comptes actifs en décembre 2024 selon le rapport qui note des services restent limités aux transferts et paiements courants. « Les établissements de monnaie électronique (EME) installés au Niger demeurent déficitaires, à l’image d’un marché numérique prometteur mais encore peu structuré » explique le rapport.

Au demeurant, « le Niger affiche une stabilité financière appréciable : pas de faillite bancaire majeure, respect global des ratios prudentiels, et maintien du soutien de la BCEAO à la liquidité » apprend-on. Mais cette stabilité est davantage défensive que dynamique.
Le pays reste à l’écart du mouvement de transformation financière qui propulse les locomotives Abidjan et Dakar au sein de la région.

La question n’est donc plus de savoir si le système bancaire nigérien est solide car il l’est. Mais il se doit sortir de sa zone de confort et se donner suffisamment d’audace pour accompagner la relance économique et la transition numérique en acceptant de financer les PME et suivant le pas de l’innovation.

Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

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