Archives: Le Républicain, juillet 1992(collecté par Les Echos du Niger)

Archives : « Les réactions plutôt défavorables à l’adoption des taux pour la constitution du fonds de solidarité »

Opinion/Tribune

(Echos du Niger 17 octobre) En juillet 1992, le Niger vivait déjà un débat passionné sur la contribution citoyenne à la solidarité nationale. 33 ans plus tard, le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie ravive les mêmes questions entre effort collectif, consentement populaire et équilibre entre patriotisme et pouvoir d’achat. Archive

Les taux sont insupportables ; des mesures d’accompagnement auraient dû être adoptées dans le même temps… Telles sont les principales réactions des travailleurs, suite à l’adoption des modalités de mise en œuvre du fonds de solidarité nationale. Des interviews-express vous sont proposées.

USN : « Nous ne nous sentons pas liés », déclare M. Kaka Doka

« Nous avons toujours dit que nous sommes solidaires des décisions de la Conférence nationale souveraine. Mais nous pensons que les procédures utilisées par le gouvernement ne sont pas les bonnes. Nous n’avons pas été associés, ni à la prise de décision, ni dans la démarche consultative préalable. Nous aurions souhaité qu’un conseil élargi se tienne avant toute adoption. Au cours de ce week-end, nos conditions de vie n’ont guère été revues en considération. Nous sommes pour la solidarité nationale, mais nous estimons qu’il faut davantage de concertation. »

Abdou Maïgandi :

« Concernant ce fonds de solidarité, je crois que le gouvernement aurait dû consulter les travailleurs avant de décider. Mais il n’est pas trop tard pour revoir la copie. Ce qu’il faut éviter, c’est de dépasser la limite des choses. L’idée de l’impôt émane peut-être du mouvement syndical. S’il faut parler d’obligation, c’est bien, mais il faut que cela soit supportable.

Aujourd’hui, les taux prévus, tout le monde s’en plaint. Il faudrait donc revoir à la baisse ces taux, et surtout adopter des mesures d’accompagnement. Avec la suspension du blocage des loyers, la vie devient plus chère. Le pouvoir d’achat du travailleur baisse alors même que les prix montent. Il faut trouver un équilibre»

Mohamadou Roro :

« La position de l’ensemble des travailleurs est claire : nous ne sommes pas contre la solidarité nationale, mais il faut d’abord que nos salaires soient payés régulièrement. Les retards de paiement, les coupures et les sacrifices, nous en avons assez. Ceux qui sont les plus directement concernés par cette mesure sont les travailleurs. Il est aussi clair que nous aimerions voir la régularisation des salaires, que le retard soit rapidement résorbé. Au niveau du blocage du loyer, heureusement que le ministère l’a rectifié. La commission de l’impôt, au départ, a fait fausse route : le fonctionnaire et le travailleur en général doivent payer les frais de location, y compris ceux de Niamey, car personne ne leur fait de cadeau. Pour les mesures de solidarité, tous les travailleurs les ont bien comprises et les endossent. Il y a juste la manière et les mesures d’accompagnement qui posent problème. Il ne faut pas faire porter le poids du développement et du redressement national à une seule catégorie. Le sacrifice doit être partagé dans des conditions acceptables pour l’État et les citoyens. »

Le Républicain, juillet 1992. Collecté par Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

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