(Echos du Niger 14 octobre) Au lendemain de l’élection présidentielle du dimanche 12 octobre, le Cameroun retient son souffle. Le vote s’est globalement déroulé sans heurts majeurs, malgré des incidents signalés à Garoua, où les forces de l’ordre ont dispersé des partisans d’opposition, illustrant un climat tendu à mesure que s’amorce le dépouillement.
L’instance électorale ELECAM procède à la centralisation des procès-verbaux. Conformément au calendrier légal, les résultats officiels sont attendus dans un délai pouvant aller jusqu’à 15 jours, la proclamation revenant aux autorités compétentes à l’issue de la compilation nationale. ELECAM a rappelé plutôt dans la journée du lundi le cadre institutionnel du scrutin, tandis que le gouvernement a mis en garde contre la diffusion de “faux résultats” sur les réseaux sociaux et plateformes non habilitées.

Dans les grandes villes, la tension est palpable : le pouvoir appelle au calme et au respect du processus, alors que plusieurs figures de l’opposition revendiquent la victoire et dénoncent des irrégularités. Les observateurs notent un climat polarisé et exhortent les acteurs à la retenue dans l’attente des chiffres officiels consolidés.
Le scrutin s’est tenu dans un contexte très particulier : à 92 ans, le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, briguait un huitième mandat face à une opposition morcelée, sur fond de difficultés socio-économiques et de foyers d’insécurité dans le Nord et les régions anglophones. Les analyses pré-électorales donnaient l’avantage au sortant, sans préjuger de l’issue finale du dépouillement.
À ce stade, aucune autorité habilitée n’a proclamé de vainqueur. Le pays demeure dans l’attente des annonces officielles, alors que la société civile insiste sur la transparence, la traçabilité des résultats et le respect des procédures.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

