(Échos du Niger 9 octobre) Nouvel épisode judiciaire dans le bras de fer opposant l’activiste helvético-camerounaise Nathalie Yamb à l’Union européenne. Selon un document officiel du Tribunal de l’Union européenne (TUE) consulté ce mardi, l’affaire T-582/25, intitulée Nathalie Yamb contre Conseil de l’Union européenne, a été enregistrée et confiée à la septième chambre de la juridiction basée à Luxembourg.
L’activiste, connue pour ses prises de position virulentes contre la politique française et européenne en Afrique, conteste les sanctions restrictives imposées par Bruxelles, qu’elle qualifie d’« illégitimes et illégales ». Ces mesures l’avaient notamment privée de liberté de déplacement au sein de l’espace Schengen et gelé ses avoirs éventuels sur le territoire européen.
L’affaire sera examinée par un collège de trois juges : K. Kecsmár (président), P. Nihoul (juge rapporteur) et L. Truchot. Ce dernier point a suscité une réaction immédiate de Nathalie Yamb, qui s’est insurgée sur les réseaux sociaux contre la composition « francophone » du panel, dénonçant une manœuvre visant selon elle à influencer l’issue du procès. « On vous voit ! Mais on verra bien qui sera debout à la fin du film », a-t-elle écrit.
Sur le plan juridique, cette affaire s’annonce emblématique : elle interroge la légalité des sanctions politiques unilatérales prises par l’Union européenne contre des ressortissants non-européens en dehors de tout cadre judiciaire national.
Sur le plan économique et diplomatique, l’impact pourrait être significatif pour les relations UE-Afrique. Une éventuelle annulation des sanctions par la Cour risquerait de fragiliser la crédibilité du régime européen de sanctions, tout en renforçant la posture souverainiste et anti-ingérence défendue par plusieurs acteurs africains.
Alkacir Bako (lesechosduniger.com)

