(Echos du Niger 29 septembre) Lors de l’entretien 90 minutes face à la presse, diffusée dans la soirée du dimanche 28 septembre 2025, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a tenu à rassurer l’opinion publique sur l’avenir du pays. « La guerre va prendre fin au Burkina Faso, c’est une certitude. Nous allons récupérer toutes les zones. L’espoir est permis », a-t-il affirmé, soulignant que l’urgence demeure la sécurisation des populations et la reconquête des terres.
Le Chef de l’État a également insisté sur la question de l’unité africaine : « Le malheur de l’Afrique, c’est qu’on n’est pas uni », a-t-il déploré. Abordant les tensions entre le Burkina Faso, le Niger, le Mali et certains pays comme le Bénin, l’Algérie ou encore la Côte d’Ivoire, le Capitaine Traoré a précisé que celles-ci concernent davantage les dirigeants que les États eux-mêmes. Pour lui, la priorité doit être la coopération militaire face à une menace commune. À titre d’exemple, il a évoqué une attaque planifiée au Bénin, où les forces armées des deux pays ont collaboré directement, grâce à l’usage de drones et au partage de renseignements, sans attendre d’arbitrage politique.
« Les militaires coopèrent malgré les frictions diplomatiques. L’essentiel est de bâtir des armées fortes et de sécuriser nos populations », a-t-il soutenu. Toutefois, le Président du Faso a reconnu que des incidents civils, comme le décès de Burkinabè en prison en Côte d’Ivoire, montrent que le dialogue et une collaboration efficace restent nécessaires.
Régulation économique et justice sociale…
Le Président du Faso a également annoncé que des mesures ont été prises pour limiter les importations lorsque la production nationale peut couvrir les besoins, notamment dans les secteurs des yaourts, de la farine et du riz. Selon lui, les grands importateurs ont même été contraints d’investir dans des moulins locaux. Cette régulation concerne aussi le marché des motos, longtemps marqué par l’anarchie au profit de quelques-uns. Désormais, les marges sont contrôlées et la transparence exigée. « L’État ne tolérera plus les spéculations ni les ententes visant à provoquer des pénuries artificielles, que ce soit sur le riz ou d’autres produits de première nécessité », a prévenu le Chef de l’État. Pour le Capitaine Traoré, chacun peut chercher son intérêt, mais pas au détriment du peuple. « Le Burkina dispose d’un grand marché, d’une population dynamique et de ressources. À tous les acteurs, privés comme publics, il est demandé de s’adapter, de produire et de travailler dans l’intérêt collectif », a-t-il lancé.
Réforme du système éducatif…
Le Président du Faso a rappelé que le système éducatif, comme l’économie, est une construction humaine. Chaque pays ayant développé son modèle d’école selon ses réalités, le Burkina doit, lui aussi, inventer son propre modèle. « Il ne s’agit pas de continuer à copier des schémas importés qui ne produisent pas les résultats attendus », a-t-il affirmé, prenant en exemple les États-Unis, la France ou l’Angleterre.
Dialogue social et syndicalisme…
S’agissant du dialogue social, le Capitaine Traoré a indiqué que celui-ci reste ouvert avec les syndicats, mais qu’il doit se mener dans l’intérêt supérieur de la patrie.
Il a relevé que lors des premiers échanges, certains responsables syndicaux avaient adopté une posture de confrontation, voire de rupture, mais que le gouvernement a choisi de poursuivre les discussions. Selon lui, un syndicalisme importé, manipulé par l’Occident et souvent tourné vers les intérêts personnels, ne correspond pas aux réalités du Burkina Faso. Le véritable syndicalisme, a-t-il précisé, doit être au service des travailleurs et du pays.
Le Président du Faso a rappelé que son gouvernement avait déjà pris plusieurs mesures sociales sans attendre de manifestations : régularisation de travailleurs de la mairie centrale de Ouagadougou (dont la brigade verte), paiement d’arriérés de salaires, réintégration de travailleurs lésés.
Il a enfin appelé les syndicats à privilégier un cadre de discussion « en Africains », dans la responsabilité et la transparence : dire clairement ce que l’État peut faire, assumer ce qui ne peut pas être fait immédiatement, et éviter de politiser les problèmes par voie de médias.
Les Echos du Niger

