(Echos du Niger 16 septembre) La salle de conférence de la Mutuelle de la Garde nationale a abrité le mardi 9 septembre l’ouverture officielle d’un atelier national de partage et d’échange d’expériences sur les questions de population. Organisé par le ministère de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale avec l’appui financier de l’ONG Marie Stopes International/Niger, cet événement réunit, pendant trois jours, des leaders religieux, chefs traditionnels, femmes et jeunes venus des régions de Tillabéry, Dosso, Tahoua, Maradi et Zinder.
L’objectif affiché de cet atelier est ambitieux, il vise à mobiliser les acteurs locaux pour transformer la forte croissance démographique du Niger en moteur de développement durable, dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 15 ans. La cérémonie d’ouverture a été présidée par M. Amadou Adamou Garba, secrétaire général du ministère de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, représentant la ministre, Pr. Sidikou Ramatou Seyni Djermakoye. Plusieurs personnalités y ont pris part, dont le Directeur général de la Population et de l’Action sociale, la Directrice générale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant, et le Directeur général de la Solidarité nationale, de la Prévention et de la Réponse humanitaire. L’événement a également enregistré la présence de responsables de l’ONG Marie Stopes International Niger, partenaire technique et financier du projet.
Dans son discours, le SG Amadou Garba a rappelé que la mobilisation des leaders communautaires par son ministère n’est pas fortuite, elle se veut stratégique à plus d’un titre. « Dans notre pays, les leaders communautaires sont en première ligne pour gérer les conflits d’accès aux ressources naturelles confrontations agriculteurs-éleveurs, partage de l’héritage foncier, l’accès aux points d’eau des tensions exacerbées par la pression démographique, leur engagement est crucial pour impulser un changement social et comportemental, notamment en milieu rural », a-t-il souligné.
Un cadre pour renforcer les compétences et favoriser la capture du dividende démographique…

Placée sous le thème « Communiquer sur les questions de population et développement », cette rencontre a pour but d’accroître l’adhésion et l’implication des communautés locales dans les interventions visant à capter le dividende démographique.
Pour ce faire, selon le SG du ministère de la population, quatre (4) objectifs stratégiques sont assignés à cet atelier :
-Accroître la compréhension des acteurs communautaires sur les liens entre population et développement ;
-Identifier et documenter les bonnes pratiques pour renforcer l’adhésion des populations ;
-Trouver un consensus sur les actions à entreprendre pour relever les défis démographiques tout en respectant les sensibilités socio-culturelles ;
-Encourager l’implication des jeunes, particulièrement sur des thématiques comme la santé de la reproduction, l’égalité de genre et la lutte contre les violences basées sur le genre, y compris les mariages précoces.
Le SG a par ailleurs mis en exergue l’importance de l’initiative gouvernementale portée par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), sous la direction du Général Abdourahamane Tiani, Président de la République, qui vise à transformer le défi démographique en opportunité pour le développement socio-économique du pays.
« Le choix porté sur vous, acteurs locaux, n’est nullement le fruit du hasard. Votre rôle est essentiel dans la mise en œuvre des stratégies de mobilisation communautaire pour faire face aux défis démographiques », a insisté Amadou Garba. Premier jour : exposés introductifs et débats sur les enjeux démographiques, la parenté responsable et la santé de la reproduction. Deuxième jour : travaux de groupe réunissant séparément chefs traditionnels, leaders religieux, femmes et jeunes, afin de partager expériences et bonnes pratiques.
Le 3e jours de cet atelier a été consacré à la restitution, amendements et adoption de recommandations destinées à guider les futures politiques publiques. Cette méthodologie participative vise à garantir que chaque catégorie d’acteurs puisse exprimer ses préoccupations et contribuer activement à la définition de solutions adaptées.
À travers cette démarche, le ministère de la Population entend poser les bases d’une approche inclusive et communautaire pour répondre aux défis démographiques. L’atelier s’inscrit dans une vision à long terme : faire des leaders communautaires les ambassadeurs d’un changement social profond, capable de transformer le poids démographique du Niger en véritable levier de développement.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

