Ursula von der Leyen lors du discours sur l’Etat de Union 2023

International: Von der Leyen place l’« indépendance européenne » au cœur de la décennie dans son Grand Oral sur l’Etat de l’Union

Actualité International

(Echos du Niger 11 sept) La présidente de la commission de l’Union Européenne Ursula Von der Layen a prononcé ce mercredi 11 septembre  à Strasbourg, devant les eurodéputés le traditionnel discours sur l’Etat de l’Union. Dans ce Grand Oral, la présidente de la commission européenne décrit une Europe « qui se bat » pour sa liberté, son modèle démocratique et sa capacité à choisir son destin. Sa boussole : l’indépendance stratégique, déclinée en défense, énergie, technologies, économie et institutions avec l’unité comme condition d’efficacité.

Le premier axe du discours porte sur l’Ukraine, et la défense européenne. Sur ce plan La Commission veut accroître la pression sur Moscou (19e paquet de sanctions, lutte contre la « flotte fantôme », réduction accélérée des importations de fossiles) et renforcer l’aide à Kyiv. Bruxelles propose de mobiliser les soldes de trésorerie liés aux avoirs russes gelés pour un prêt de réparation à l’Ukraine, remboursé lorsque la Russie paiera les dommages. Un programme « Avantage militaire qualitatif » soutiendra les capacités ukrainiennes (drones notamment), complété par une « alliance des drones » et l’accélération de 6 milliards d’euros de prêts ERA. Par ailleurs, elle a fait cas du plan « Préparation 2030 » (jusqu’à 800 Mds€ d’investissements), l’instrument SAFE (150 Mds€ d’achats communs, déjà entièrement souscrit), soutien au flanc Est avec un « Eastern Flank Watch », surveillance spatiale en temps réel et un « mur de drones ».

La situation à Gaza n’a pas échappé à Mme Von Der Layen qui condamne la famine comme arme de guerre et propose un train de mesures au en faveur de la résolution du conflit. Il s’agit de la suspension du soutien bilatéral à Israël (en préservant la société civile), des sanctions visant les ministres extrémistes et colons violents, suspension partielle de l’accord d’association sur les volets commerciaux, et création d’un groupe des donateurs pour la Palestine dédié à la reconstruction de Gaza. Elle réaffirme la solution à deux États et demande un cessez-le-feu, l’accès humanitaire total et la libération des otages.

Les technologies et la Compétitivité des entreprises européennes étaient également au coeur de ce discours. Pour réduire les dépendances et soutenir l’industrie, Bruxelles annonce un Fonds pour la compétitivité, le doublement d’Horizon Europe, un Fonds « Scale-up Europe » pour retenir les pépites (quantique, IA, biotech), un 28e régime pour faciliter l’essor des entreprises innovantes et une feuille de route du marché unique à l’horizon 2028 (capitaux, énergie, télécoms). L’UE maintient également son cap climatique (-55 % d’ici 2030) et proposera des objectifs 2040.

La Commission promet aussi un paquet « réseaux » et des « Autoroutes de l’énergie » pour résorber huit goulets d’étranglement et faire baisser les factures. Un plan européen du logement abordable (règles d’aides d’État adaptées, construction facilitée, initiative sur les locations de courte durée) doit répondre à la crise sociale. Dans l’automobile, Bruxelles veut une initiative pour des voitures petites, abordables et européennes (y compris électriques).

La Démocratie, les médias et plateformes sont également au coeur des priorités de Bruxelles. Face à la désinformation, Von der Leyen annonce un Bouclier européen de la démocratie et un Centre européen pour la résilience démocratique. Un programme de résilience médiatique soutiendra le journalisme local et indépendant. Elle ouvre un chantier sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, avec recommandations d’experts d’ici fin d’année.

En ce qui concerne les Migrations et partenariats la présidente de la commission européenne annonce un triplement des moyens pour la gestion des frontières, système européen commun de retour des déboutés, lutte financière et numérique contre les passeurs (y compris régime de sanctions dédié). Sur le commerce, elle défend la stabilité avec les États-Unis, tout en accélérant la diversification (Inde, Mercosur, Mexique) et un paquet « Choisir Europe » (500 M€) pour attirer chercheurs et renforcer la santé mondiale.

Les Echos du Niger