(Échos du Niger 4 sept)Le Niger a enfin un nouvel Ambassadeur aux Etats-Unis d’Amérique. Il s’agit de Dr Baré Clémence Aissata Habi, ancienne Première Dame du Niger (96-99) qui a été nommé Ambassadrice Extraordinaire et Plénipotentiaire de la Républiques auprès des Etats-Unis d’Amérique (USA), par décret signé le 03 septembre 2025, par le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. La veuve de l’ancien chef de l’Etat remplace à ce poste vacant depuis près de deux années, l’ancien ambassadeur Kiari Liman Tinguiri, débarqué par le CNSP au lendemain de son arrivée au pouvoir. Une nomination qui ne manquera de susciter divers interprétations au sein de l’opinion et dont le vrai enjeu sera pour Dr Clémence Aissa Baré, d’injecter une thérapie de choc aux relations bilatérales entre Niamey et Washington, actuellement en convalescence après une crise diplomatique qui a duré plusieurs mois après les évènements du 26 juillet 2023.
La diplomatie nigérienne a un nouveau visage à Washington! Il s’agit de l’ancienne Première Dame Dr Baré Clémence Aissata Habi, qui va désormais entamer une nouvelle carrière de diplomate à l’international, et surtout à un poste très stratégique pour le Niger. Après deux années d’attente, le Chef de l’Etat, le Général Tiani, a coopté le médecin spécialiste en parasitologie, mais avec un certain pedigree diplomatique pour avoir jouer les premiers rôles à la tête de l’Etat aux cotés de son défunt époux, pour porter la voix du régime de la refondation aux Etats-Unis d’Amérique.
La nouvelle Ambassadrice du Niger à Washington est une figure bien connue des nigériens. Épouse de l’ancien et défunt Président, le Général Ibrahim Baré Mainassara, elle a disparu presque de la scène nationale depuis le tragique assassinat de son mari lors du coup d’état militaire du 09 avril 1999. Depuis, elle n’a cessé de se battre pour que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de son défunt époux, arrivé au pouvoir par un coup d’état, le 27 janvier 1996, avant de se faire élire Président de la République quelques mois plus tard, dans des conditions démocratiques jugées “illégales et irrégulières” par la grande partie de la classe politique de l’époque. Cette dernière l’avait farouchement combattu jusqu’à sa chute tragique et en depuis et malgré des décisions de justice favorable, comme celle de la Cour de la Cédéao, l’enquête sur ce douloureux évènement qui est rentré dans les annales de l’histoire politique du pays comme l’affaire du “ malheureux accident”, n’a pas connu un avancement significatif. Il faut dire que les auteurs, co-auteurs et complices qui ont “profité du crime” lors du coup d’état, ont jusque-là bénéficié d’une amnistie générale. La plupart, dont le Commandant Daouda Malam Wanké, qui a pris le pouvoir, ne sont plus de ce monde alors que les autres officiers qui ont dirigé la transition militaire du CRN (avril- décembre 1999), ne sont plus en activité.
Un retour sur scène 26 ans après la disparition tragique du Général Baré…
Il a fallu l’année 2026 et la tenue des Assises nationales de la Refondation, initiée par le CNSP qui a pris le pouvoir après le coup d’état militaire contre Bazoum Mohamed en juillet 2023, pour que le dossier de l’ancien Président ne refasse surface. Lors de cette rencontre qui s’est tenu en février dernier à Niamey et qui a réuni les représentants des couches socioprofessionnelles du pays pour poser les jalons d’une nouvelle république, l’une des principales recommandations des participants, est que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’assassinat du Défunt Général-Président. Ce qui a d’ailleurs été à l’époque bien accueillie par la famille du Général Baré qui par la voix de son épouse, Dr Aissata Baré, s’est félicitée de cette marque de reconnaissance et de gratitude.
La nomination de celle qui est plus connue des nigériens par “Clémence Aissa Baré” est perçue par beaucoup de nigériens comme une sorte de maigre lot de consolation pour la famille de l’ancien président, très populaire au sein de l’opinion, même si certains craignent que cela ne puisse éclipser le vrai combat qui vaille pour l’ancienne famille présidentielle, celui de la justice pour que toute la lumière soit fait sur l’assassinat de l’ancien Chef de l’Etat.
Il faut aussi noter que cette nomination intervient dans un contexte de réchauffement des relations diplomatiques entre Niamey et Washington, des relations qui ont connu un coup de froid au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 et que la nouvelle ambassadrice va devoir désormais réanimer et insuffler une nouvelle dynamique. Une thérapie de choc en somme pour Docteur Baré Clémence Aissata Habi qui n’évoluera certes pas en terrain inconnu car Son Excellence a eu à jouer les diplomates, et avec un certain succès, lorsque son défunt mari était à la tête du pays!
A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

