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Fourrière municipale: la CDTN dénonce le contrat avec N-Trans et exige sa résiliation immédiate

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(Echos du Niger 3 sept) La convention signée entre la Ville de Niamey et la société privée N-TRANS pour la pose des sabots et la fourrière municipale n’en finit pas de faire des vagues. Réuni en session extraordinaire, le mardi 02 septembre à son siège de Niamey, le Bureau exécutif nationale de la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (BEN/CDTN),  a eu à examiner  la situation avant de statuer sur son “irrégularité” et de dénoncer son caractère “abusif” du fait qu’il enrichit le co-contractant privé au détriment de la Ville. C’est pourquoi, la centrale syndicale a appelé à son annulation immédiate et sans condition tout en rappelant aux autorités municipales, l’impérieuse nécessité du respect des principes élémentaires de bonne gouvernance surtout dans le contexte national actuel. Comme avant, Transparency International Niger ou l’ONG Niger Stop Corruption (NCS-ICON/Niger), le BEN/CDTN saisit la balle au rebond et amplifie la vague de contestations des citoyens contre ce contrat privé entre la Ville de Niamey et N-TRANS qui continue d’attiser les critiques.

Pour le BEN/CDTN, le constat est sans appel: “cette décision de contracter ces services qui révèlent de l’exercice d’une mission de police administrative constitue une violation des textes en vigueur et un abus d’autorité”. Et d’ajouter que “ce contrat, enrichit plutôt N-TRANS au détriment de la ville de Niamey”.

C’est pourquoi, dans le communiqué signé par son Secrétaire général, Idrissa Djibrilla, la centrale syndical a dénoncé un “contrat abusif et irrégulier” avant d’exiger “son annulation et sans condition”. Par la même occasion, elle a demandé aux autorités,  la dotation en moyens matériel suffisants des Agents de la Police Municipale pour s’acquitter de leur mission. Enfin, le directoire de la CDTN a tenu à rappeler à la Ville de Niamey que “le contexte actuel de la Refondation exige des autorités à tous les niveaux le respect des textes en vigueur, le bannissement du favoritisme et la bonne gouvernance des ressources financières de l’Etat et des Collectivités”.

Vague de contestations et de critiques….

Depuis le début de la mise en œuvre, il y a quelques jours, de la convention entre la Ville de Niamey et la société privée N-TRANS, la contestation ne cesse de s’enfler notamment auprès des usagers de la capitale. En dépit des explications des responsables de la ville et de l’entreprise sur l’objectif visé à travers cette convention de concession qui vise à fluidifier la circulation dans les artères de la capitale, les critiques ne cessent de remettre en cause les termes du contrat et surtout le montant exorbitant des frais à payer pour les contrevenants aux règles de sécurité routière notamment en matière de parking des voitures.

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les usagers ne cessent d’interpeller les autorités municipales et même l’Etat, sur la nécessité de revoir certaines dispositions de la convention. Des citoyens appellent même à des manifestations pour se faire entendre. Des associations de consommateurs et de lutte contre la corruption ont également saisi la balle au rebond pour s’inscrire dans la même dynamique de contestation du marché comme aujourd’hui le BEN/CDTN, l’une des centrales syndicales les plus représentatives du pays.

Dans un communiqué rendu public vendredi dernier, l’Association Nigérienne de Lutte contre la Corruption, section nigérienne de Transparency International (ANLC/TI-Niger) s’est alarmé et a alerté sur les “graves irrégularités” qui entourent cette convention entre la Ville de Niamey et la société N-TRANS. Selon l’organisation, l’examen du marché de gestion de la pose des sabots et de la gestion de la fourrière municipale attribué à une entreprise privée de la place révèle de “graves manquements qui violent la loi et portent préjudice aux citoyens”. Et de dénoncer entre autres, une délégation de pouvoir illégale, des tarifs illégalement ainsi qu’un contrat préjudiciable qui constitue une manifestation de grande corruption, porte atteinte à la souveraineté locale et échappe au contrôle public. C’est pourquoi, TI-Niger a lancé un appel aux autorités à enquêter et à poursuivre les responsables, à la société N-TRANS à “suspendre immédiatement la perception des taxes”, avant de lancer un appel aux citoyens à rester vigilants et à exercer leur droit de demander des comptes. Pour l’ANLC TI-Niger, en effet, “la bonne gouvernance des finances locales est un pilier essentiel de la lutte contre la corruption et de ce fait, aucun partenariat public-privé ne peut justifier de s’affranchir de la loi”.

Dans la même lancée, l’ONG Niger Stop Corruption (NSC, ICON Niger) a estimé dans une sortie médiatique, au lendemain du début de la mise en œuvre du contrat, que l’attribution de ce contrat à N-TRANS soulève de graves interrogations.  “Aucune trace d’un appel d’offres public ou de respect des procédures élémentaires de passation de marché n’a été trouvée, alimentant les soupçons de favoritisme, une pratique malheureusement courante au Niger”, a dénoncé NSC Niger pour qui, “l’opacité entourant ce contrat, combinée à la proximité apparente de N-TRANS avec les autorités municipales, qui mettent à disposition la police municipale, renforce l’idée d’un arrangement privilégié”.

En dépit de cette vague de critiques et d’inquiétudes sommes toutes légitimes, les autorités municipales ne se sont pas encore décidé à revenir sur le contrat privé qui continue à attiser la colère des usagers, surtout ceux qui ont été les victimes du fameux sabot et qui ont été obligés de payer les exorbitantes contraventions.

Ikali DH (lesechosduniger.com)

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