Remuald Wadagni, ministre de l’économie et des finances du Benin

Bénin: Talon fait la passe au jeune technocrate R. Wadagni, son dauphin adoubé par la mouvance au pouvoir

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(Echos du Niger 1er septembre 2025) La carte politique des prochaines élections présidentielles d’avril 2026 au Bénin commence à se dessiner! La mouvance présidentielle soutenant le président Patrice Talon, qui s’en va au terme de ses deux mandats, a décidé de porter son choix sur le jeune technocrate, Romuald Wadagni, 49 ans, ministre d’État en poste, en charge de l’Économie et des Finances depuis 2016. Proche du président sortant, cet ancien loup de la finance qui a passé presque dix-sept (17) ans au sein du cabinet de conseil Deloitte pour lequel il fut en poste en France, aux Etats-Unis et en RDC, se positionne désormais comme le dauphin officiel de Talon. Le diplômé de l’Ecole Supérieure des Affaires de Grenoble et de Harvard qui a fait ses preuves à la tête des finances béninoises pour s’être vu attribué à plusieurs reprises la prestigieuses distinction de meilleur ministre africain de l’économie et des finances de l’année, va devoir désormais convaincre sur le terrain politique sur une scène qui regorge de ténors, notamment dans l’opposition, pour succéder à son mentor qui lui a balisé la piste, pour avoir lui-même dû batailler fort pour s’imposer et accéder à la tête de l’Etat. A son avantage, son bilan plus que reluisant au gouvernement qui l’a fait passer de simple ministre en 2016 à ministre d’Etat en 2021, ce qui explique, dans une certaine mesure, l’enthousiasme et l’adhésion dont sa candidature a bénéficié aussitôt annoncée. En attendant de voir sur quel poulain va miser l’opposition notamment,  « Les Démocrates » de l’ancien président Yayi Boni qui compte également s’organiser autour d’un candidat. 

Ce n’était pas vraiment la surprise du chef puisqu’il faisait partie de la “short list” des potentiels candidats à la succession du Président Talon mais la facilité avec laquelle le choix s’est porté sur lui a été vraiment un coup de maître pour le Chef de l’Etat sortant et les principaux dirigeants de la mouvance au pouvoir. Le jeune technocrate, Romuald Wadagni, ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, a été choisi par les deux partis de la mouvance présidentielle, le Bloc républicain (BR) et l’Union progressiste pour le renouveau (UPR), comme candidat à la présidentielle d’avril 2026 au Bénin, quelques semaines après que le président Patrice Talon a confirmé qu’il ne briguerait pas de troisième mandat.

Un technocrate comme poulain du Président de Talon

Âgé de 49 ans, Romuald Wadagni est à la tête du ministère des Finances depuis 2016. Diplômé de l’École supérieure des affaires de Grenoble et titulaire d’un MBA de la Harvard Business School, il est également expert-comptable certifié en France et aux États-Unis. Avant sa carrière politique, il a travaillé 17 ans chez Deloitte, devenant le plus jeune associé du groupe à 36 ans et dirigeant les activités en Afrique francophone.

Depuis son arrivée au gouvernement, en 2016, R. Wadagni a supervisé plusieurs réformes économiques majeures notamment des émissions record d’euro-obligations sur les marchés internationaux, maîtrise de l’inflation et consolidation de la croissance économique. Il a été élu Meilleur ministre des Finances d’Afrique en 2024 et en 2025, distinction reposant sur la gestion de la dette, la croissance économique et la stabilité macroéconomique. En plus de la réussite des emprunts souverains structurés, il a réussi à parvenir à une croissance de près de 7 % et une inflation maîtrisée autour de 1 %, conformément aux objectifs de l’UEMOA, ce qui lui vaut le satisfecit des partenaires techniques et financiers notamment le FMI, ainsi que la confiance des investisseurs internationaux.

Très proche du président Talon, il a joué un rôle central dans les réformes économiques majeures du régime, et figure parmi les deux ministres les plus proches du chef de l’État.

Des atouts mais aussi des handicaps

C’est donc sur un technocrate que la majorité au pouvoir a décidé de miser pour rempiler en 2026. Son handicap, c’est qu’il a été jusque-là plutôt discret sur la scène politique populaire. S’il a pu bâtir sa réputation sur des critères de performance, rigueur, modernité et reconnaissance internationale, son manque de base politique propre pourrait le desservir bien qu’il puisse compter sur le soutien de son mentor, le président Talon, mais aussi l’aura de figures majeures du marigot politique béninois notamment le super ministre Abdoulaye Bio Tchiané du Bloc Républicain et Joseph Djogbénou  ainsi  de l’UPR. “Romuald Wadagni est le choix idéal d’un successeur technocrate, capable de poursuivre les réformes économiques avec crédibilité internationale”, estime un fin connaisseur de la scène politique béninoise qui lui reconnaît toutefois, “un certain manque de charisme au sein de l’opinion qu’il doit savoir corriger”. 

L’annonce du choix de Wadagni a suscité un certain enthousiasme au sein de l’opinion béninoise et même au-delà, alors que le dauphin désigné commence à faire ses premiers pas sur la scène politique. Il reste à attendre s’il va transformer cette sorte d’euphorie en victoire éclatante et accéder à la magistrature suprême de son pays pour continuer à mener des réformes d’un nouveau genre tout en restant dans le sillage de l’élan impulsé par son prédécesseur.

En attendant et dedans le même temps, les regards sont tournés vers l’opposition, notamment le parti Les Démocrates de l’ex-président Boni Yayi,  qui est en train de vouloir s’organiser pour présenter un candidat unique afin de maximiser ses chances. La période préélectorale reste marquée par une certaine incertitude, et l’élection prévue en avril 2026 sera déterminante pour confirmer la stabilité démocratique et économique du pays comme l’estime un analyste politique.

A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

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