(Échos du Niger 18 août) Un bus appartenant à une compagnie de transport nigérienne avec plusieurs dizaines de passagers a plongé dans le fleuve Ouémé au Bénin. Malgré deux jours de recherches, plus de 40 personnes restent portées disparues ; une dizaine ont été secourues avec des blessures et un décès est confirmé. Le bus n’a pas encore été retiré de l’eau. Ce drame s’ajoute à d’autres accidents similaires sur les routes nationales et internationales.
Le nombre d’accidents routiers recensés sur les axes nationaux et internationaux est en augmentation. Selon l’Agence Nigerienne pour la Sécurité Routière (Aniser) 7.671 cas d’accident ont été enregistrées au Niger en 2023. En 2024, pour la seule région de Niamey 5.124 cas d’accident ont été enregistrées entre le 1er janvier et le 31 octobre. Plusieurs compagnies de transport de voyageurs sont impliquées, avec pour conséquence des décès et des victimes, dont certaines présentent des séquelles permanentes résultant de ces accidents. Il est urgent de mieux réguler ce secteur pour prévenir les décès et blessures qui y surviennent.
Dans la majorité des accidents, les facteurs généralement incriminés incluent l’excès de vitesse, le comportement imprudent des conducteurs, les horaires de circulation, ainsi que la surcharge et l’état des véhicules.La hausse des accidents de la route nécessite des actions concrètes, notamment un contrôle renforcé des compagnies de transport. Les autorités devraient intensifier les inspections techniques des véhicules, l’état du personnel conducteur et instaurer un système de certification pour garantir la sécurité et responsabiliser les opérateurs.
Par ailleurs, la formation des chauffeurs doit être renforcée et adaptée aux exigences actuelles du trafic routier. Un accent particulier pourrait être mis sur la sensibilisation à la sécurité, la gestion du stress et la connaissance approfondie du code de la route. Des campagnes d’éducation, axées sur le respect des limitations de vitesse, l’importance de la prudence et la lutte contre la fatigue au volant, contribueraient à réduire le nombre d’accidents liés à l’imprudence humaine.
Il serait également judicieux de repenser les horaires de circulation et de mettre en place des périodes de repos obligatoires pour les chauffeurs de longue distance. La surcharge des véhicules, souvent motivée par la recherche de rentabilité, doit être strictement sanctionnée afin de protéger les voyageurs et de décourager les pratiques dangereuses. L’installation de dispositifs de contrôle automatisé, tels que des systèmes de surveillance embarquées, pourrait faciliter la détection des infractions et le suivi des comportements à risque.
Une meilleure coopération entre les acteurs du secteur des transports, les forces de l’ordre et les associations de prévention routière serait bénéfique pour instaurer une culture de la sécurité et mettre en œuvre des stratégies coordonnées. Les pouvoirs publics pourraient encourager la création de plateformes de signalement des incidents et proposer des mesures d’accompagnement pour les victimes et leurs familles.
Nous pensons que lutter contre l’insécurité routière dans le transport de voyageurs nécessite une approche globale : prévention, contrôle, sanction et accompagnement. Une mobilisation collective permettra de sauver des vies et d’améliorer durablement la qualité des déplacements sur les axes nationaux et internationaux.
Youssouf Seriba (lesechosduniger.com)

