(Echos du Niger 14 aout)En dépit de sa dissolution prononcée par un arrêté du ministère de l’Intérieur, le jeudi 07 août dernier, le Syndicat autonome des Magistrats du Niger (SAMAN) a tenu à réagir à travers une déclaration de presse de son bureau exécutif national, rendue publique le mercredi 13 août 2025. Dans cette réaction très attendue et signée par son Secrétaire général, le magistrat Bagna Abdourahamane Abdoul Nasser, le principal syndicat des magistrats du Niger a contesté la décision des autorités militaires qu’il a qualifié “d’injustifiée” et “d’attentatoire aux libertés syndicales”. Mieux encore, le puissant syndicat des juges et magistrats du Niger a tenu, au passage, à donner la réplique au ministre de la Justice Alio Daouda qui a chargé le SAMAN lors de sa conférence de presse du vendredi 08 août pour expliquer les raisons de la dissolution des syndicats du secteur de la justice. Dans des termes assez virulents qui s’apparentent plus à un règlement de comptes, le Syndicat des magistrats a accusé son ancien membre exclu depuis 2023, “d’acharnement personnel” et de “vouloir justifier l’injustifiable pour masquer ses échecs” à la tête du ministère. Tout en se disant mobilisé pour “défendre les acquis issus de hautes luttes et la dignité de la magistrature”, le SAMAN a décidé d’attaquer la décision de dissolution devant les juridictions compétentes avant de lancer un appel à ses membres, à la société civile, aux médias et aux organisations syndicales à “se lever contre cette dérive autoritaire” et “à garantir l’indépendance de la justice”.
En guise d’oraison funèbre, le puissant syndicat des magistrats du Niger n’est pas aller avec le dos de la cuillère dans sa réaction à la dissolution des syndicats du secteur de la justice. Dans une déclaration publiée mercredi 13 août et portant la signature de son SG, le magistrat Bagna Abdourahamane Abdoul Nasser, le SAMAN a dénoncé la décision des autorités de dissoudre, à travers le ministère de l’Intérieur, l’ensemble des syndicats du secteur de la justice. Le SAMAN conteste cette décision qu’il a qualifiée “d’arbitraire, en violation des conventions internationales, de la Charte de la refondation, du Code du travail”, en plus de “restreindre les libertés fondamentales et syndicales”.
Dans sa réplique qui a l’air d’un chant du cygne, le puissant syndicat des magistrats a également et surtout mis en cause le ministre de la Justice, Alio Daouda, qu’il accuse “d’acharnement personnel” et de chercher à “justifier l’injustifiable”, en évoquant ses propos tenus lors d’un point de presse le 8 août dernier pour donner les raisons qui ont poussé les autorités à prendre cette décision radicale de suspension du droit syndical dans le secteur judiciaire.
Une réplique virulente qui charge le ministre de la Justice Alio Daouda…
C’est avec des propos assez virulents que le Syndicat a accusé le Ministre de la Justice de vouloir justifier l’injustifiable pour masquer ses échecs à travers la virulence, l’arrogance et l’acharnement contre les acteurs judiciaires. En ce sens, il a rappelé que ce dernier avait lui-même été exclu du SAMAN en 2003 pour des raisons peu glorieuses, puis sanctionné, et qu’il avait même tenté mais en vain de créer un autre syndicat. “Aujourd’hui, avec l’appui de l’appareil d’État, il chercherait à régler ses comptes et se venger malgré la surcharge de travail, le manque criant de moyens, le stress permanent et les attaques ciblées auxquels sont confrontés les magistrats”, a souligné le SAMAN qui a aussi, pointé du doigt “l’incapacité du ministre à faire adopter le nouveau code pénal qui aurait pourtant réprimé l’acte qu’il dénonce, rappelant qu’un juge n’applique que la loi en vigueur”.
Dans la même lancée, le SAMAN a déploré “le manque d’éthique du Garde des Sceaux”, évoquant son passage controversé à la Cour d’appel de Niamey ainsi qu’à la CENI, où il était surnommé de « rat des prébendes ».
Le SAMAN appelle à la mobilisation pour stopper “les dérives autoritaires”…
Dans sa déclaration de presse, le SAMAN affirme avec force que “la justice ne se réforme pas par la dissolution de ses défenseurs, mais par le respect de ceux qui la font vivre”. C’est pourquoi, le syndicat assure que ses militant-es resteront “mobilisés pour défendre les acquis issus de hautes luttes et la dignité de la magistrature”. Et d’appeler par la même occasion ses membres à “rester solidaires” et à poursuivre “la défense de l’indépendance de la justice”.
Enfin, le SAMAN a annoncé un recours devant les juridictions compétentes pour annuler la décision des autorités de tutelle avant de lancer un appel à la société civile, les médias et les organisations syndicales à se lever contre “cette dérive autoritaire”.
La réaction du SAMAN était très attendu bien qu’avant, plusieurs organisations syndicales et professionnelles notamment les principales centrales syndicales du pays ainsi que l’ordre des avocats du Niger, ont également fustigé cette décision des autorités de la refondation à dissoudre les syndicats du secteur de la justice, après les partis politiques et les syndicats du secteur des forces de défense et de sécurité (FDS). En guise de protestation, le Barreau du Niger a d’ailleurs décidé de déposer la Robe pour les jeudi 14 et vendredi 15 août 2025.

