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Finance: le Niger lève 21,48 milliards FCFA sur le marché financier régional

Economie Finance Gouvernance

(Echos du Niger 3 aout) La pressions budgétaires devient accrue au Niger et le trésor public enchaine les emprunts obligataires. Le jeudi 31 juillet, le pays a opéré une levée de fonds de 21,48 milliards de francs CFA sur le marché régional UMOA-Titres, par voie d’émission de Bons Assimilables du Trésor (BAT). L’opération, structurée en deux maturités 182 jours et 364 jours visait initialement à mobiliser un total de 51 milliards FCFA, mais n’a enregistré qu’un taux de couverture de 42,12 %, traduisant un marché prudent, bien que réceptif.

Malgré cette couverture modérée, la totalité des offres reçues a été retenue, ce qui confère à l’opération un taux d’absorption de 100 %. Le montant obtenu se répartit entre 10,71 milliards FCFA pour les bons à 6 mois (BAT 182 jours) et 10,77 milliards FCFA pour les bons à un an (BAT 364 jours). Les taux moyens pondérés se sont établis respectivement à 9,79 % et 10,07 %, tandis que les rendements moyens ont atteint 10,31 % pour les BAT à 182 jours et 11,21 % pour ceux à 364 jours. Ces niveaux traduisent un coût du financement en légère hausse par rapport aux dernières émissions du Niger, reflet des risques perçus dans un climat régional encore marqué par l’incertitude.

Au total, 14 à 17 investisseurs ont participé aux différentes tranches, soumettant 35 offres. La répartition géographique des souscriptions révèle une forte implication des investisseurs nationaux (6,9 milliards FCFA), ce qui est rare depuis quelques temps et une participation significative du Bénin (3,2 milliards FCFA), de la Côte d’Ivoire (2,4 milliards FCFA), du Mali, du Sénégal et du Togo. Cette diversification des origines des soumissionnaires illustre la solidarité financière régionale et l’attractivité relative des titres souverains nigériens malgré un environnement macroéconomique contraint.

Cette opération marque une nouvelle tentative du gouvernement de financer son déficit budgétaire via le marché financier régional, dans un contexte où l’accès aux financements extérieurs traditionnels reste limité depuis les sanctions de juillet 2023. Elle traduit également une volonté de préserver la stabilité budgétaire tout en maintenant la confiance des investisseurs institutionnels ouest-africains.

Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)