(Echos du Niger 28 juillet 2025) Le gouvernement burkinabè a exprimé lundi son indignation et exigé que « toute la lumière soit faite » sur les circonstances du décès en détention de l’activiste Alino Faso, survenu le jeudi 24 juillet dans sa cellule à l’École de gendarmerie d’Abidjan, en République de Côte d’Ivoire.
Arrêté en janvier dernier, Alino Faso de son vrai nom Alain Traoré Christophe était détenu pour des motifs non officiellement précisés. Selon un communiqué publié dimanche par le procureur ivoirien, il a été retrouvé sans vie dans sa cellule, suscitant une vague d’émotion et de colère à Ouagadougou.
Face à ce drame, les autorités burkinabè ont convoqué, ce lundi 28 juillet, la Chargée d’Affaires de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, SE. Karamoko Jean Marie Traoré, a dénoncé une procédure marquée par le « mépris » envers la famille du défunt et le peuple burkinabè, fustigeant notamment l’annonce du décès par voie de réseaux sociaux, sans notification préalable aux proches.
« Il y’a beaucoup de mépris, un manque d’égard et de courtoisie pour les autorités et le peuple burkinabè, et ça l’est encore plus pour la famille du défunt qui découvre une nouvelle aussi douloureuse sur les réseaux sociaux » a fait savoir Jean Marie Traoré. avant de souligner « Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur ce drame ; étant donné qu’il a été déchu de la nationalité ivoirienne, il reste un Burkinabè et nous voulons recevoir le corps de notre compatriote ici au Burkina Faso ». Aussi, le Burkina Faso réclame le rapatriement immédiat de la dépouille.
L’affaire, qui prend une tournure diplomatique, risque de tendre les relations entre les deux pays voisins, déjà fragilisées par plusieurs désaccords sur les questions sécuritaires et migratoires. Plusieurs voix issues de la société civile burkinabè ont également réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

