(Echos du Niger 19 juillet) C’est à Niamey, au Niger, que la Force Unifiée de la Confédération des États du Sahel (AES) va installer son quartier général. L’annonce a été faite cette semaine par le Ministre de la Défense nationale, le Général d’Armée Salifou Mody qui a assuré que cette étape décisive dans la montée en puissance de la force conjointe sera pour bientôt afin de lui permettre de planifier et exécuter pleinement ses opérations militaires. Fer de lance de l’architecture de “défense commune, autonome et souveraine” portée par la Confédération et annoncée depuis l’année passée avec quelques 5.000 soldats du Niger, du Burkina Faso et du Mali, cette force qui a déjà menée quelques opérations sporadiques, a été conçue par les dirigeants militaires des trois pays sahéliens pour lutter contre les menaces sécuritaires, plus particulièrement le terrorisme, dans la zone dite des 3 frontières.
Terre sahélienne par excellence, plus proche capitale des 3 pays de l’épicentre de la zone d’opérations, Niamey a été choisie pour abriter l’État-major de la Force Unifiée de l’AES (FU-CAES). C’est ce qu’a annoncé, mercredi dernier à Niamey, le ministre de la Défense nationale qui intervenait à l’occasion de la cérémonie de fin de stage des officiers de la 4ᵉ promotion de l’École d’État-Major qui s’est déroulée dans l’enceinte de l’École Militaire Supérieure de Niamey (EMS). Une promotion composée de 35 officiers dont 3 des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), représentant le Mali et le Burkina Faso.
‘’La participation d’officiers du Burkina Faso et du Mali à ce stage démontre à suffisance la ferme volonté des autorités de nos trois pays à bâtir une défense collective solide et inébranlable. La montée en puissance de la Force unifiée de I’AES dont l’État-major prendra bientôt ses quartiers à Niamey, n’en sera que renforcée’’, a déclaré le Général d’armée Salifou Mody. Le ministre nigérien de la Défense n’a pas manqué de se réjouir du fait que “la coopération entre les armées au sein de l’Alliance des Etats du Sahel qui se poursuit au rythme souhaité est aujourd’hui une réalité tangible dont il faut se réjouir et se féliciter”.
‘’Comme je l’avais exprimer à la Réunion des Ministres de la Défense de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel à Bamako le 20 juin 2025, notre contexte sécuritaire est très complexe. Il nous met quotidiennement face à de nouveaux défis qui exigent de nous, des réponses appropriées et une adaptation continue. Nous devrons pour les cerner, nécessairement, nous départir des anciens modèles, totalement inadaptés aux réalités actuelles et inventer des schémas de ripostes taillés sur mesure, pour répondre efficacement aux challenges sécuritaires auxquels nos pays sont confrontés”, a poursuivi le Général Salifou Mody qui s’est également réjoui de l’intégration de cette donne dans le processus de formation des écoles de formation militaires des 3 pays pour mieux soutenir la dynamique de construction de l’architecture de défense de la Confédération AES.
Une étape décisive dans la montée en puissance de la Force Unifiée…
Annoncée en 2024 par les Chefs d’Etat des trois pays membres de la Confédération sahélienne, cette force conjointe constitue le maillon essentiel de l’architecture de la défense de l’AES. Composée de quelques 5000 soldats issues des 3 pays, elle aura comme théâtre des opérations, la zone dite des 3 frontières, à cheval entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso où les menaces sécuritaires se sont particulièrement amplifiées ces derniers temps, du fait des activités meurtrières des groupes armés terroristes (GAT) notamment le JNIM (affilié à Al-Qaeda) et l’Etat Islamique au Sahel (EIS, ex EIGS).
Depuis cette annonce, des opérations conjointes ont certes été annoncées par les responsables militaires des 3 pays (comme par exemple “Yereko”) mais sur le terrain, les opérations de grande envergure se font toujours attendre alors que les attaques terroristes contre les civils et les forces de défense et de sécurité (FDS) se multiplient presque quotidiennement. La mise en place de l’État-major va donc donner un coup d’accélérateur à cette force qui va disposer de ses propres moyens opérationnels pour mener ses actions contre les groupe terroristes et autres bandes criminelles qui écument le Sahel central.
En juin dernier déjà, les ministres en charge de la Défense des 3 pays se sont réunis à Bamako, pour finaliser le travail pour le déploiement dans les brefs délais de la FU-CAES. Mi avril, le Comité des Chefs d’État-major des Armées du Niger, du Burkina Faso et du Mali se sont réunis à Ouagadougou, pour peaufiner les modalités de sa mise en place conformément aux ambitions de défense commune autonome et souveraine portée par la Confédération.
A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

