(Echos du Niger 15 juillet 2025) Le Niger réadapte sa politique fiscale avec l’adoption d’un nouveau Code Général des Impôts (CGI) ce lundi 14 juillet 25025 par une ordonnance n°2025-22 portant Code Général des impôts. Cette réforme, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026, abroge l’ancienne loi n°2012-37 du 20 juin 2012 et vise à moderniser, harmoniser et sécuriser le système fiscal national. Elle marque également une volonté des autorités de la transition de refonder la gouvernance fiscale dans un contexte économique et social tendu.
Ce nouveau CGI ne se fait pas que remplacer un texte ancien en déphasage avec la situation économique actuel et la conjecture internationale, il procède à une véritable refondation du système fiscal nigérien. Il regroupe désormais dans un document unique des dispositions éparses jusque-là contenues dans plusieurs lois sectorielles. L’ordonnance précise que les articles relatifs à la fiscalité dans pas moins de 18 lois et ordonnances couvrant notamment les investissements, les partenariats public-privé, les marchés publics, l’énergie, les mutuelles de santé ou encore les régimes douaniers spécifiques, sont désormais rapatriés dans ce nouveau code.
Par cette centralisation, le pays vise une meilleure lisibilité des textes fiscaux, une simplification des obligations déclaratives, et une réduction de l’insécurité juridique pour les contribuables et les investisseurs.
L’un des apports majeurs du texte est la fin des chevauchements entre les régimes fiscaux spéciaux. En cas de contradiction entre les anciennes dispositions sectorielles et le nouveau code, ce dernier prévaut indique l’article 3 de code. Cela permettra d’éviter les interprétations divergentes et les abus dans l’application de la loi fiscale.
Le CGI 2025 ambitionne également d’introduire plus de cohérence dans la fiscalité applicable aux entreprises publiques, aux établissements financiers décentralisés, aux sociétés minières, et même à des entités spécifiques comme SONICHAR-SA. Cette harmonisation devrait contribuer à élargir l’assiette fiscale et à lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscales abusives.
Enjeux…
Cette réforme intervient dans un contexte où l’État nigérien cherche à renforcer la mobilisation des ressources internes, afin de réduire sa dépendance aux financements extérieurs dans un environnement régional instable. Le nouveau CGI est ainsi perçu comme un outil stratégique de souveraineté budgétaire.
Mais son succès dépendra aussi de la capacité de l’administration fiscale à mettre en œuvre ces nouvelles dispositions de manière équitable et transparente. L’ordonnance prévoit dans son article 4, l’adaptation des textes d’application, une étape cruciale pour assurer une bonne exécution de la réforme.
Autre défi de taille : la sensibilisation des contribuables. Une fiscalité moderne ne peut être efficace que si elle est comprise et acceptée par les citoyens. Cela passe par des campagnes d’information, une simplification des procédures, et un dialogue renforcé avec les acteurs économiques.
En étant l’un des premiers textes majeurs adoptés dans le cadre de la Charte de la Refondation promulguée en mars 2025, le nouveau CGI s’inscrit dans une volonté politique forte du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) de restructurer les institutions. Il matérialise l’engagement du Niger dans une dynamique de réformes structurelles, dans la perspective d’un redressement économique et institutionnel.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

