(Echos du Niger 4 juillet) La récente décision de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) du Niger, prolongeant le service de l’agent comptable Kimba Bonkano Hamadou pour une durée d’un an après son départ à la retraite prévu le 5 juillet 2025, suscite une vive contestation au sein de l’institution. Le collectif des syndicats de la CNSS, composé du SNASS, du SAASS et du STRASS, a exprimé son désaccord dans une lettre datée du 2 juillet 2025, adressée au Directeur Général.
Dans cette correspondance, les syndicats dénoncent une violation du statut du personnel, rappelant que M. Kimba Bonkano Hamadou a atteint l’âge légal de départ à la retraite et doit être admis à faire valoir ses droits. Ils estiment qu’aucune disposition réglementaire ne justifie la reconduction d’un agent à son poste une fois cette limite atteinte, surtout en l’absence d’un besoin impérieux ou de compétences rares et stratégiques. Le collectif souligne que « l’absence de cet agent n’aurait aucun impact sur le fonctionnement global de la CNSS », mettant ainsi en cause la pertinence de cette décision.
Le climat social au sein de la CNSS pourrait se dégrader si la situation n’est pas désamorcée rapidement. Le collectif des syndicats met en garde contre « un précédent dangereux, susceptible de fragiliser la cohésion institutionnelle et d’alimenter un sentiment d’injustice parmi les agents respectueux des règles de départ à la retraite ». Il exige l’annulation immédiate de la décision et appelle à un strict respect du statut du personnel en vigueur.

La Direction Générale, qui a justifié cette prolongation par « les nécessités de service », se retrouve ainsi sous pression. Dans leur lettre, les syndicats réaffirment leur attachement au dialogue et à la transparence, mais préviennent qu’en cas de non-réponse, ils assumeront toutes leurs responsabilités pour défendre l’intérêt général.
Ce bras de fer entre la Direction et les syndicats intervient dans un contexte où la gouvernance des établissements publics nigériens est de plus en plus scrutée depuis l’avènement du CNSP au pouvoir. Il relance par ailleurs le débat sur l’âge de la retraite au Niger actuellement fixé à 60 ans, 3 ans après les propositions intervenues dans le débat public pour le rehausser de 2 ans.

Akacir Bako(lesechosduniger.com)

