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Électricité : retour à la normale, mais à quand l’indépendance énergétique énoncé par le ministre Bakary Yaou ?

Générateur de la Nigelec

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(Echos du Niger 19 juin) Le 18 juin 2025, la Société Nigérienne d’Électricité (NIGELEC) annonçait avec satisfaction le rétablissement complet de l’alimentation électrique dans les régions de Niamey, Dosso et Tillabéri. Cet acte de communication, aussi rassurant soit-il, marque la fin d’une crise énergétique déclenchée par un incident sur la ligne d’interconnexion. Pourtant, derrière cette annonce de « retour à la normale », une question demeure : à quand la fin définitive des délestages au Niger ?

Dans son communiqué n°11/DCRC/2025, la NIGELEC exprime sa gratitude au Gouvernement pour son soutien, ainsi qu’à sa clientèle, saluée pour sa patience et sa résilience. On ne peut nier l’effort de transparence de l’entreprise, qui présente ses excuses publiques pour les désagréments causés, surtout en cette saison de fortes chaleurs, où les coupures deviennent plus qu’un inconfort : un facteur de stress social, économique, voire sanitaire.

Mais si le problème est clos aujourd’hui, il ne date pas d’hier et prend en réalité juste congé des habitants des régions du fleuve. Depuis plusieurs décennies, les délestages ponctuent le quotidien de millions de Nigériens. Niamey, la capitale, n’est pas épargnée. Marchés, hôpitaux, PME et ménages font régulièrement les frais de ce déficit structurel d’approvisionnement, qui révèle les limites d’un système énergétique fragilisé, dépendant des interconnexions et tributaire des fluctuations géopolitiques entre le Niger et son voisin fournisseur partielle de l’énergie consommée dans le pays depuis belle lurette.

En 2024, selon les données de la NIGELEC, la demande nationale avait atteint environ 300 MW, alors que l’offre nationale ne dépassait guère les 120 MW en production locale. Le reste est importé, principalement du Nigeria. Une situation de dépendance énergétique chronique, à laquelle les projets de centrales solaires et hydroélectriques annoncés tardent à répondre de manière tangible.

Alors, la vraie question est là : le Niger peut-il espérer une souveraineté énergétique à court ou moyen terme ? Les annonces répétées d’investissements, les promesses de partenariats internationaux et les projets d’électrification rurale peinent à convaincre, tant que les coupures persistent et que les zones non connectées restent nombreuses.

Le communiqué du 18 juin est un soulagement ponctuel. Mais il ne saurait masquer la nécessité d’une vision énergétique claire, ambitieuse et durable. Car pour un Niger en refondation, l’électricité ne peut plus être un luxe. C’est un droit et une ressource inconditionnelle pour l’émergence

Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

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