(Echos du Niger 17 juin) Le gouvernement togolais a récemment annoncé la suspension de France 24 et de Radio France Internationale (RFI) pour trois mois, invoquant des manquements répétés en matière d’impartialité et de vérification des faits. Cette décision, prise par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), s’inscrit dans une dynamique de régulation stricte de l’espace médiatique national, visant à préserver la stabilité des institutions et l’image du pays souligne le régulateur des médias au Togo. Nombreux sont les observateurs de la scène international y voient un signal du régime togolais vers les régimes militaires de la Confédération AES
Cette mesure intervient dans un contexte où le Togo envisage une possible adhésion à l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. L’AES, perçue comme une alternative à la CEDEAO, prône une souveraineté renforcée et une indépendance vis-à-vis des influences extérieures. L’exclusion de médias internationaux jugés biaisés pourrait ainsi être interprétée comme un alignement progressif sur la posture des États membres de l’AES, qui ont eux-mêmes suspendu ces mêmes médias pour des raisons similaires.
L’adhésion du Togo à l’AES pourrait lui offrir des avantages stratégiques, notamment un rôle clé dans l’accès maritime pour les pays enclavés du Sahel. Toutefois, cette orientation suscite des interrogations sur les implications politiques et économiques. Certains observateurs estiment que le Togo pourrait perdre son influence au sein de la CEDEAO, tandis que d’autres y voient une opportunité de renforcer sa souveraineté et sa coopération régionale
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

