Niger: Levée de l’interdiction ciblée d’exportation du bétail (Ministre)

Economie Elevage

(Echos du Niger 13 juin) Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a par arrêté du 11 juin 2025, levée l’interdiction de l’exportation du bétail. La décision, instauré début mai, visait à assurer un approvisionnement régulier du marché national et à mettre fin à l’envolée des prix, à l’approche de la Tabaski.  Ce qui n’a pas été bien apprécié par certains notamment les éleveurs et les exportateurs alors que sur les principaux marchés nationaux, l’impact n’a pas été vraiment à la hauteur des acheteurs qui s’attendaient à une véritable détente sur les prix des moutons.

Les exportateurs de bétail peuvent pousser un ouf de soulagement! Et pour cause, la mesure d’interdiction d’exportation prise par le gouvernement à l’approche de la fête de Tabaski ou fête du mouton vient d’être levée.

Selon un arrêté signé le mercredi 11 juin 2025, par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye SEYDOU, est abrogé l’arrêté n°O031/MC/I/SG/DGC/DL du 09 mai 2025 portant interdiction de l’exportation des ovins, des caprins, des bovins et des camelins. Le Secrétaire Général du Ministère du Commerce et de l’Industrie, le Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances, le Secrétaire

Général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Secrétaire Général du Ministère de la Défense Nationale ont été chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de l’arrêté qui entre en vigueur conformément aux textes et procédures en vigueur.

Une décision polémique à l’impact assez limité

La décision d’interdire l’exportation du bétail a été prise début mai dernier par les autorités, officiellement pour contenir l’envolée des prix et assurer un approvisionnement régulier du marché national à l’approche de la fête de Tabaski. Le gouvernement a même corsé l’interdiction pour les exportations particulièrement vers le Nigeria et l’Algérie, deux pays voisins du Niger et principaux marchés pour le bétail du pays. Quelques jours avant la fête, le ministre du Commerce a alléger un peu cette mesure en accordant une autorisation spéciale d’exportation à une dizaine de camions à destination du Burkina Faso, un pays de l’AES.

Cependant, l’impact de cette mesure reste à relativiser même si les données manquent pour ce faire. Ce qui laisse lieu à une véritable polémique. Il faut dire que pour beaucoup, si le but visé est noble, le gouvernement ne s’est pas véritablement pris de la manière la plus efficace. La mesure a, en effet, pénalisé les éleveurs et gros exportateurs qui d’habitude, font leur plus gros chiffre d’affaires de l’année en cette période notamment dans les pays voisins où le bétail nigérien est très prisé. La mesure d’interdiction a donc pénalisé ces derniers et engendré un énorme manque à gagner aux caisses de l’État. D’autant que selon certains aussi, malgré l’interdiction et une offre assez abondante, les prix du bétail surtout du mouton n’ont pas véritablement baissé avec la cherté de la vie et la crise économique ambiante. Aussi, il faut noter qu’en raison des frontières poreuses et donc difficiles à contrôler, le commerce informel s’est amplifié aggravant les pertes pour l’Etat.

Grand producteur de cheptel, le Niger est  un grand exportateur de bétail dans la sous-région. L’élevage étant, avec l’agriculture,  une des activités principales des populations surtout en milieu rural, le pays sahélien tire chaque année d’importantes retombées grâce à la vente du bétail dans les pays voisins d’Afrique de l’ouest.

Ikali DH (lesechosduniger.com)

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