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Enseignants trahis : le gouvernement recule, la colère monte

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(Échos du Niger 11 mai)L’espoir né de la reprise des négociations entre les syndicats de l’éducation et le gouvernement le 8 mai dernier, s’est brutalement mué en colère et en indignation. Après deux jours d’échanges au sein du Comité Interministériel, la Dynamique syndicale et la Coalition des syndicats de l’éducation et de la formation professionnelle (COSEFP) dénoncent un revirement flagrant des autorités, trahissant des engagements solennellement pris…

Le vendredi 9 mai, en présence du Premier ministre, Son Excellence Ali Mahaman Lamine Zéine, les représentants syndicaux ont été stupéfaits d’apprendre que le gouvernement gelait toute décision ayant un impact financier, rejetant ainsi deux revendications majeures : le recrutement à la fonction publique de tous les enseignants contractuels, et le paiement des rappels salariaux.

Pourtant, un communiqué conjoint signé en décembre 2024 avait promis l’ouverture de ces recrutements dès 2025, en priorité dans le secteur de l’éducation.Cette volte-face, dans un contexte de précarité croissante et de flambée du coût de la vie, est perçue comme un affront de plus envers des milliers d’enseignants qui tiennent debout l’édifice éducatif du pays.

Pire, les retards de paiement des pécules des contractuels, déjà fréquents, s’inscrivent désormais dans une logique de mépris institutionnalisé. La Dynamique syndicale ne mâche pas ses mots. Elle parle d’une « trahison flagrante » et appelle à la mobilisation générale, à l’unité et à la fermeté. « Aucun recul ne sera accepté », martèle le communiqué. L’appel est clair : il s’agit d’intensifier la lutte pour les droits acquis au prix d’années de combat.

Les syndicats, lucides et déterminés, dénoncent une « discrimination » qui nie la contribution essentielle des enseignants à la refondation du pays. Et de rappeler cette parole pleine de sens du président Seyni Kountché : « Nous ne sommes ni contre les hommes, ni contre les partis, mais contre les pratiques qui ont plongé notre pays dans la misère. »À travers ces mots, c’est tout un corps social qui interpelle la conscience nationale. Car refuser la dignité aux enseignants, c’est hypothéquer l’avenir même du Niger. Une éducation de qualité ne peut germer sur un terreau d’injustice, de promesses trahies et de mépris institutionnel. La lutte s’organise. Elle sera rude, mais juste selon les responsables syndicaux.

Dans la foulée, la COSEFP, élargie aux syndicats SYNACES et UECN, réunie le 10 mai en session extraordinaire, réaffirme sa position et rappelle que l’ouverture du recrutement n’a, en réalité, aucune incidence financière immédiate. Une proposition raisonnable, faite dès février, prévoyait un recrutement basé sur l’ancienneté, étalé dans le temps, afin de tenir compte de la situation économique nationale.Mais le silence et le refus du gouvernement de reconnaître la légitimité de ces demandes font craindre une radicalisation du mouvement.

Mahamadou Tahirou(lesechosduniger.com)

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