Cette année, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme est célébrée sur le thème Réinvestir, réimaginer et raviver nos efforts communs pour mettre fin au paludisme. Ce thème est un appel au rassemblement afin de renouveler l’engagement, de repenser les stratégies et de prendre des mesures décisives pour mettre fin à l’une des maladies les plus anciennes et les plus mortelles sur notre continent.
L’Afrique a réalisé des progrès considérables. En effet, au cours des deux dernières décennies, plus de 2,2 milliards de cas de paludisme ont été évités et plus de 12,7 millions de vies ont été sauvées. Pourtant, le paludisme reste une menace majeure pour la santé publique qui coûte la vie à près de 600 000 personnes chaque année, pour la plupart dans la Région africaine de l’OMS et en majorité de jeunes enfants.
Nous sommes à la croisée des chemins. Le changement climatique, les crises humanitaires, la résistance aux médicaments et aux insecticides et les déficits de financement remettent en question les progrès que nous avons accomplis. Mais grâce à un leadership fort, à l’innovation et à des investissements durables, l’élimination du paludisme est à portée de main.
Réinvestir…
En 2023, les investissements mondiaux dans la lutte contre le paludisme se sont élevés à seulement quatre milliards de dollars des États-Unis, moins de la moitié de ce qui était nécessaire. Plus des deux tiers du financement provenaient de donateurs extérieurs, ce qui souligne l’urgence pour les pays d’endémie de mobiliser des ressources nationales.
Huit pays de notre Région ont déjà levé plus de 125 millions de dollars par l’intermédiaire de conseils et de fonds nationaux pour mettre fin au paludisme. Ces efforts doivent être élargis et soutenus.
L’accroissement du financement national est un impératif à la fois sanitaire et économique. Réduire le paludisme de 90 % d’ici à 2030 pourrait augmenter le produit intérieur brut des pays d’endémie de 143 milliards de dollars. Chaque dollar investi sauve des vies, améliore la résilience et stimule le développement.
Réimaginer…
Les progrès sont au point mort et de nouveaux problèmes apparaissent. La résistance aux insecticides et aux médicaments gagne du terrain. Le changement climatique modifie les modes de transmission, le nouveau vecteur du paludisme en milieu urbain, Anopheles stephensi, menaçant désormais les villes dans la Corne de l’Afrique.
Nous devons innover. L’OMS soutient le déploiement de vaccins antipaludiques dans 19 pays africains. De nouveaux outils de lutte antivectorielle, de multiples traitements de première intention et des approches communautaires sont en cours d’adoption. L’analyse des données et la modélisation climatique aident à prévoir et à prévenir les flambées épidémiques.
Nous lançons un appel aux gouvernements, aux chercheurs, aux innovateurs et aux partenaires pour qu’ils trouvent des solutions communes et développent des marchés locaux durables pour les outils antipaludiques fabriqués en Afrique.
Raviver…
Le thème de cette année nous rappelle que chacune et chacun d’entre nous a un rôle à jouer. Les responsables politiques doivent donner la priorité au paludisme dans les programmes nationaux d’action sanitaire. Les communautés doivent être autonomisées. Les agentes et agents de santé doivent être outillés comme il se doit et soutenus à tous les niveaux.
La Déclaration de Yaoundé, signée l’année dernière par 11 Ministres africains de la santé, montre la voie à suivre, à savoir un leadership audacieux, des partenariats solides et une responsabilisation commune.
Amplifions cette dynamique. Finissons le travail.
Pour mettre fin au paludisme, nous devons :
- renforcer les soins de santé primaires et accroître les investissements nationaux ;
- élargir l’accès aux outils à l’utilité avérée, qui sauvent des vies, notamment les moustiquaires de nouvelle génération, la chimioprévention, les traitements et les vaccins efficaces ;
- exploiter les données afin d’orienter les décisions et d’atteindre les personnes les plus à risque ;
- favoriser l’innovation locale et la fabrication régionale pour un impact durable ; et
- œuvrer en synergie dans tous les secteurs afin de combattre les causes profondes du paludisme.
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, réaffirmons aujourd’hui notre détermination commune à protéger nos populations, à consolider nos progrès et à construire un avenir sans paludisme en Afrique.
Mettons fin au paludisme !

