Professionnels des médias nigériens : Unissons-nous pour libérer notre Maison de la presse !

Média Niger

(Échos du Niger 19 avril) Depuis janvier 2024, la suspension de l’arrêté autorisant l’exercice de la Maison de la presse du Niger perdure dans un silence assourdissant. Bientôt 16 mois d’attente, de promesses sans suite et de tentatives de médiation restées lettre morte. Cette situation est non seulement incompréhensible, mais surtout inacceptable. Elle constitue une entrave flagrante à la liberté de la presse et un recul démocratique majeur dans un pays en quête de refondation.

La Maison de la presse n’est pas un simple local administratif. Elle est le symbole, le cœur battant et l’expression collective de la profession journalistique au Niger.

C’est le cadre par excellence de concertation, de défense des droits des journalistes, et de promotion d’une information professionnelle, rigoureuse et éthique. Sa mise à l’écart équivaut à museler une corporation déjà fragilisée par des contextes sécuritaire et politique tendus.À quelques jours de la Journée internationale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai, il est impératif, voir même urgent, que les professionnels des médias nigériens regardent dans la même direction, unis au-delà de leurs divergences éditoriales.

Cette mobilisation ne doit pas être partisane, mais corporatiste. Il ne s’agit pas de défendre une ligne idéologique, mais de défendre notre cadre fédérateur, notre outil commun, notre maison.Le silence des autorités après la création d’un comité censé proposer une solution consensuelle est révélateur d’un manque de volonté politique. Cette inaction, loin d’être anodine, s’apparente à une stratégie d’affaiblissement progressif du secteur médiatique. Peut-on parler de refondation dans un pays où les journalistes sont privés de leur principal espace de concertation ? Certainement pas.Les professionnels des médias nigériens ont toujours été des partenaires incontournables de l’État.

Ils ont accompagné les grandes mutations sociales et politiques du pays, souvent au péril de leur sécurité. Ils méritent respect, reconnaissance, et surtout la liberté d’exercer dans un environnement institutionnel clair et équitable.En refusant la réouverture de la Maison de la presse, les autorités privent le pays d’un pilier essentiel de la démocratie : un espace de dialogue, de formation, de veille éthique et de solidarité professionnelle.

Il est temps d’inverser cette tendance dangereuse.Ce n’est pas un appel à la confrontation, mais un cri de responsabilité. Les professionnels des médias nigériens, qui chaque jour relaient les voix des sans-voix, doivent aujourd’hui élever la leur pour défendre leur droit à exister en tant que corps organisé. Il en va de leur avenir, de leur crédibilité, et de leur rôle dans la consolidation démocratique.

En cette période charnière, l’histoire retiendra ceux qui auront su se lever pour préserver l’essentiel. Ensemble, exigeons la levée immédiate de la suspension de l’arrêté. Réclamons la réouverture de la Maison de la presse. Pour la liberté. Pour la dignité. Pour la presse nigérienne.La corporation avant tout. L’heure est à l’union.

Les Échos du Niger

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