Burkina: le gouvernement proteste et recadre les propos du patron de l’US Africom

Diplomatie Sécurité

(Échos du Niger 16 avril)Les autorités burkinabé ont vigoureusement réagit, dans un communiqué publié mardi, aux propos tenus par le général du Corps des Marines des États-Unis Michael E. Langley, Commandant de l’US AFRICOM, qui a récemment affirmé devant le Sénat américain que les « ressources minières du Burkina Faso ne profiteraient pas à la population » mais « serviraient plutôt à la protection du régime en place ». Dans son communiqué, le gouvernement burkinabé a protesté contre « ces assertions erronées » du commandant Langley dont le but est de « nuire à l’image du gouvernement »

Dans le communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, le gouvernement burkinabé dit avoir suivi avec un grand intérêt, la séance publique tenue le 3 avril 2025 par la Commission sénatoriale des Etats-Unis d’Amérique sur les forces armées et qui a été consacrée à l’audition des hauts responsables militaires des commandements américain pour l’Europe (US EUCOM) et pour l’Afrique (US AFRICOM).

Au cours de cette séance, en réponse à une question sans lien direct avec le Burkina Faso, a expliqué la même source, le Général Michael LANGLEY, commandant de l’US AFRICOM, a tenu “des propos pour le moins regrettables, contenant de graves inexactitudes au sujet du Burkina Faso et de son Gouvernement, sans étayer ses affirmations par la moindre preuve”, a regretté le gouvernement.

“En avançant que les ressources minières du Burkina Faso, ainsi que certains revenus issus de la coopération avec la République populaire de Chine, ne profiteraient pas à la population et serviraient plutôt à la protection du « régime en place », le Général LANGLEY adopte une posture qui nie délibérément la nouvelle dynamique souverainiste du Burkina Faso.

De tels propos, légers, infondés et éminemment politiques, sont d’autant plus préoccupants qu’ils ont été tenus dans le cadre d’une instance parlementaire aussi prestigieuse que le Sénat américain, par un haut responsable militaire”, se sont indignés les autorités burkinabés qui ont tenu à exprimer “leur vive protestation face à ces assertions erronées, qui n’ont d’autre but que de nuire à l’image du Gouvernement burkinabè, notamment en ce qui concerne les efforts déployés dans la lutte contre la corruption et pour la défense des intérêts du peuple burkinabè – deux priorités majeures du Président du Faso, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE”.

Démenti formel aux allégations du Général américain…

Le Chef de la diplomatie burkinabé, le ministre Karamoko Jean Marie TRAORE, a saisi l’occasion pour opposer un démenti formel à ces allégations du patron de l’US AFRICOM.

“Les actions concrètes menées sur le terrain témoignent de l’engagement sincère des autorités burkinabè à impulser un développement inclusif et durable. Des réformes profondes ont été engagées dans les domaines de l’agriculture, de l’eau, des infrastructures, de l’éducation et de la santé, avec pour objectif une meilleure répartition des ressources au bénéfice de la population”, a indiqué le communiqué qui ajoute que depuis son accession à la magistrature suprême, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ œuvre résolument à l’assainissement de la gouvernance publique.

De ce fait, est-il relevé, “l’ensemble des recettes issues de l’exploitation minière est désormais reversé dans les caisses de l’État et fait l’objet d’une gestion rigoureuse et transparente dans le cadre du budget national”.Pour les autorités burkinabés, “le Général LANGLEY aurait gagné à se cantonner à son champ de compétence en fournissant aux membres de la commission sénatoriale une lecture plus équilibrée des causes qui ont conduit le Burkina Faso à réévaluer certains accords de coopération militaire, dans le respect de sa souveraineté.

Il aurait également pu souligner les avancées notables enregistrées par les forces de défense et de sécurité (FDS), appuyées par les volontaires pour la défense de la patrie (VDP), dans la lutte contre le terrorisme, avec l’accompagnement de partenaires sincères et respectueux de la volonté du peuple burkinabè”.

Enfin, le Chef de la diplomatie burkinabé a tenu, au nom des autorités du pays, à rappeler l’importance “d’un dialogue franc et respectueux”, avant d’encourager “le recours à des canaux de communication appropriés pour favoriser une compréhension juste et objective de la situation au Burkina Faso et de la dynamique nouvelle qui y prévaut”.

Tahirou Mahamadou (Lesechosduniger.com)

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