(Échos du Niger 11 avril)Le Maroc vient de réussir un joli coup diplomatique sur le dossier du Sahara dont le différend empoisonne l’intégration maghrébine depuis des décennies. Après la France et plusieurs pays européens, les États-Unis viennent de réitérer leur soutien à la souveraineté du Royaume sur ces provinces du sud du Royaume que revendique le Polisario, avec le soutien de l’Algérie. Mieux encore, la nouvelle administration de Donald Trump a réaffirmé cette semaine que la proposition d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine reste la seule solution au conflit du Sahara occidental. De quoi irriter le front Polisario et surtout son parrain, l’Algérie qui a travers un communiqué, a regretté cette prise de position américaine qui, selon Alger, ne sert pas le règlement du conflit.
La position américaine sur le dossier du Sahara était connu surtout avec l’arrivée Donald Trump à la Maison Blanche. Comme lors de son premier passage, le Président américain a tenu à réaffirmer le soutien de Washington au Maroc à l’occasion de l’entretien, mardi dernier, entre le Secrétaire d’Etat, Marco Rubio, et le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bouritta.
Lors de cet entretien et cn confirmation de la position communiquée par le Président Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les Etats-Unis ont réaffirmé leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. A cet effet, le Secrétaire d’Etat Marco Rubio “a réitéré que les Etats-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara”. En outre, le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé que le États-Unis “soutiennent la proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste en tant que seule base pour une solution juste et durable à ce différend”, a indiqué la porte-parole du Département d’Etat, Tammy Bruce.
Selon la même source, le chef de la diplomatie américaine a également réaffirmé que les États Unis “continuent de croire qu’une autonomie authentique sous souveraineté marocaine est la seule solution faisable”. Dans ce cadre, il a affirmé que “le président américain exhorte les parties à s’engager dans des discussions sans délai sur la base de la proposition marocaine d’autonomie comme seul cadre en vue de négocier une solution mutuellement acceptable”. Le Secrétaire d’Etat a aussi indqiué que “les Etats-Unis faciliteraient le progrès vers cet objectif”, a conclu la porte-parole.
Il convient de rappeler que lors d’un entretien téléphonique entre SM le Roi Mohammed VI et le Président des États-Unis d’Amérique, en décembre 2020, le Président Donald Trump avait informé le Souverain de la promulgation d’un décret présidentiel, avec ce que cet acte comporte comme force juridique et politique indéniable et à effet immédiat, portant sur la décision des États-Unis d’Amérique de reconnaître la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de la région du Sahara marocain.
Condamnation de l’Algérie, principal soutien du Polisario…
Cette prise de position des États-Unis a comme il fallait s’y attendre soulever la vive condamnation du Front Polisario qui revendique depuis 1975, l’indépendance de ces territoires récupérés par le Maroc du qui a mis fin la même année, au protectorat de l’Espagne. Cependant, c’est surtout l’Algérie, principal soutien du front indépendantiste, qui s’est vu une nouvelle fois contrariée dans ce différend qui plombe les relations maghrébines depuis près de 5 décennies maintenant. Dans un communiqué en milieu de semaine, Alger a indiqué regretter la confirmation par les Etats-Unis de leur position considérant le plan d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine comme « la seule solution au conflit du Sahara occidental ».
Le communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, ajoute que l’Algérie « regrette la confirmation de cette position de la part d’un membre permanent du Conseil de sécurité dont il est normalement attendu qu’il témoigne d’un respect de la légalité internationale de manière générale et des résolutions du Conseil de sécurité de manière particulière ». L’Algérie a également tenu à réaffirmer, dans ce cadre, que “la question du Sahara occidental relève fondamentalement d’un processus de décolonisation inachevé et d’un droit à l’autodétermination inaccompli.
En effet, le Sahara occidental demeure un territoire non-autonome au sens de la Charte des Nations unies et le peuple de ce territoire demeure titulaire du droit de disposer de lui-même tel que consacré par la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux ». Et le communiqué de conclure, à l’intention des États-Unis, que “s’inscrire en dehors de ce cadre ne sert pas la cause du règlement de ce conflit, tout comme il n’altère en rien ses données fondamentales telles que reconnues par l’Organisation des Nations unies et ses principaux organes, dont l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et la Cour internationale de justice ».
Après la France et plusieurs pays européens, américains, africains et arabes, cette position claire des États-Unis constitue un nouveau coup diplomatique pour le Maroc qui, sous le Roi Mohammed VI, a fait progresser ses pions dans ce conflit sur la marocanité de ses provinces sahariennes, une véritable cause nationale au Royaume chérifien.
A.Y. Barma (lesechosdunger.com)

