(Echos du Niger 7 avril) Le vendredi 28 mars aux environs de 15 heures, des voleurs ont fait une intrusion dans la résidence officielle du préfet du département de Mayahi où il ont dérobé quelques objets de moindre valeur après avoir vandalisé le plafond de la résidence et l’installation électrique. Cet acte loin d’être isolé est l’illustration d’une forme de banditisme qui trouble la quiétude des paisibles populations de ce département de Maradi. Saisis de l’affaire, la police a aussitôt ouvert une enquête et mettre la main sur les enfants et leurs receleurs qui se sont mutuellement dénoncés. Dans la même affaire, certains parents dont les enfants passent devant le procureur pour la 4e fois pour les mêmes faits sont également poursuivis pour par le ministère public pour abandon familial conformément à l’article 260 du code pénal. Selon une source judiciaire contactée par Echos du Niger, le dossier sera jugé ce mardi 8 avril au Tribunal de Mayahi.
Situé à environ 70 km de Maradi, le département de Mayahi avec ses 85.000 habitant fait face depuis quelque temps à un phénomène d’insécurité urbaine avec des vols par effraction qui visent les domiciles de paisibles citoyens. Le vendredi 28 mars, profitant de l’absence des gardes républicaines autour de la maison qui devrait être en réhabilitation bientôt, des voleurs ont escaladé le mur de la résidence. Les portes étant fermées à clé, « les voleurs sont montés sur le toit et ont déchiré les tôles pour y accéder et voler plusieurs objets » nous rapporte notre source. Selon elle, au total, 18 personnes sont sous mandat de dépôt à la prison civile de Mayahi dans le cadre de cette affaire qui défraye la chronique. Il s’agit précisément de 5 enfants mineurs, 2 receleurs, et 11 parents. Des parents dont la démission semble-t-il encourage ces enfants sur les sentiers de la déperdition avec comme corollaire un banditisme de plus en plus grandissant dans la localité de Mayahi.
Ce phénomène qui pour le coup perturbe la quiétude des populations depuis des années, touche particulièrement des agents de l’Etat, des opérateurs économiques de la localité et les patrimoines de l’Etat. Les dernières victimes en date de ces enfants qu’on appellerait ailleurs « enfants microbes » ou encore « kuluna » sont le Directeur départemental de l’état-civil et celui de l’aménagement du territoire qui ont tous deux été victime de vol par effraction. Selon le président du Tribunal de Mayahi, « ce phénomène à mon sens s’apparente à celui qui a perturbé la quiétude des populations à Zinder : ‘’Les Palais’’. A la différence, ici à Mayahi ce sont des petits enfants parfois de 7 enfants qui commettent ces vols. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il est temps d’interroger la responsabilité des parents » a-t-il indiqué. En effet, certains parmi ces enfants sont présentés au procureur pour la 4e fois pour des faits de vols. « Parmi eux, il y a un qui a été présenté au juge des mineurs, il y a seulement une semaine avant l’acte du 28 mars à la résidence du préfet » nous indique la même source.
Des parents poursuivis pour démission…
Dans le but d’attaquer le mal par la racine, le parquet à décider de poursuivre 11 parents pour démission face à la récidive de leurs enfants. Selon le procureur près le Tribunal de Mayahi « nous avons décider de poursuivre ces parents sur la base de l’article 260 qui prévoit l’abandon de famille et de foyer » a-t-il confié à Echos du Niger. L’article en question dispose « sont punis d’une peine d’emprisonnement d’un (1) mois à un (1) an et d’une amande de 20 à 200.000 FCFA, les pères et mères qui compromettent gravement par des mauvais traitements, par des exemples pernicieux d’ivrognerie habituelle, ou d’inconduite notoire, par un default de soins, par un manque de direction nécessaire, soit la santé, soit la sécurité, soit la moralité de l’enfant ».
Contacté par nos soins, le préfet du département de Mayahi M. Adamou Mounkaila a tenu à apporter des éclaircissements sur sa non-occupation de la résidence préfectorale par le préfet et sa famille. La résidence qui est en réalité dans un piteux état devrait être réhabilitée depuis des années. « Bien avant mon arrivé à Mayahi, il y a un dossier qui est dans le circuit au ministère de l’Intérieur pour la réhabilitation de cette résidence qui est en stade délabrement avancé avec des murs qui ont commencé à s’écrouler. C’est comme ça que ma famille et moi, nous sommes installées dans une des villas qui servent de cases de passage » explique Adamou Mounkaila qui il faut rappeler est à la tête de la préfecture de Mayahi depuis octobre 2023, date à laquelle il a officiellement pris fonction et réside dans le département de Mayahi avec femme et enfants à ses côtés.
Par ailleurs Adamou Mounkeila indique que même s’il n’y réside pas, la résidence officielle du préfet au regard de son statut est bien gardée par les agents de la garde. Toutefois, «nos agents sont souvent appelés à se déplacer pour des missions urgentes en cas de conflits dans les villages ou des problèmes qui touchent la sécurité. En pareille circonstance, la sécurité des populations et la préservation de la paix, priment à mon sens sur la sécurité d’un bâtiment non habité » conclu Adamou Mounkaila.
Youssouf Sériba (lesechosduniger.com)

