(Échos du Niger 24 mars) Dans un communiqué officiel ce lundi 24 mars, le gouvernement tchadien a dit avoir pris acte avec “une profonde gravité et une totale sérénité”, les déclarations de Yasser Al-Atta, Commandant en chef adjoint des forces armées soudanaises, lequel a émis des “menaces explicites” contre des cibles au Tchad, en représailles au soutien supposé de Ndjaména aux Forces rapides de soutiens (FSR) du Général dissident Hemetti.
Dans le communiqué du Ministère des Affaires étrangères,le Tchad a tenu à exprimer sa “condamnation ferme envers ces propos irresponsables”, qui peuvent être interprétés comme “une déclaration de guerre s’ils sont suivis d’effets”. Des déclarations qui témoignent de la montée des tensions entre Ndjamena et Khartoum, alors que les forces loyalistes du Président-Général Al-Burhan sont en train de reprendre la capitale aux mains des rebelles.
Ce n’est pas la première fois que le ton monte entre les deux pays voisins depuis le début de la guerre féroce et meurtrière que se livrent, depuis deux années, les forces armées soudanaises (SAF) du Général Abdoul Fattah Al-Burhan à celles dissidentes des FSR du Général Daglo Hemmeti. Cette fois pourtant, les menaces ont été assez explicites pour que Ndjaména daigne répliquer avec virulence aux propos tenus, il y a quelques jours, par le général Yasser Al-Atta, commandant en second des forces armées soudanaises.
Alors que les forces loyalistes soudanaises sont en train de consolider leur position à Khartoum, le haut responsable militaire a annoncé qu’une attaque contre l’aéroport international d’Amjarass et potentiellement celui de N’Djamena est désormais envisagée. « C’est le moment », a-t-il déclaré, laissant craindre une escalade majeure d’autant que c’est la énième fois que le régime du Maréchal Mahamat Déby est accusé par les forces du général Al-Burhan de soutenir les rebelles du FSR. Ce que Ndjaména a toujours nié. Dans la réponse du berger à la bergère de lundi 24 mars 2025, le Ministère des Affaires Étrangères et des Tchadiens de l’Étranger a indiqué avoir « pris acte avec une profonde gravité et une totale sérénité » des déclarations de Yasser Al-Atta, Commandant en chef adjoint des forces armées soudanaises.
« Il est à rappeler que depuis plus de soixante années, les régimes soudanais, animés par le terrorisme, n’ont cessé de déployer tous les moyens possibles afin de déstabiliser le Tchad, notre nation. Ils ont, entre autres, orchestré des rébellions et soutenu le groupe Boko Haram’, a accusé à son tour le gouvernement tchadien avant de souligner qu’en dépit de ces agressions incessantes, « le Tchad a toujours choisi de ne pas répondre par la violence. Grâce à la providence divine et à la détermination de nos forces de défense et de sécurité, notre pays demeure résilient ».
C’est pourquoi, à travers son communiqué, le Ministère des Affaires étrangères de la République du Tchad a exprimé « sa condamnation ferme envers ces propos irresponsables, qui peuvent être interprétés comme une déclaration de guerre s’ils sont suivis d’effets ».
Risques d’escalades…
Pour la diplomatie tchadienne, « de tels discours pourraient conduire à une escalade dangereuse pour l’ensemble de la sous-région. Le Tchad se réserve le droit légitime de riposter avec vigueur à toute tentative d’agression contre notre pays, quelle qu’en soit l’origine »”. Et d’avertir que “si un mètre carré du territoire tchadien est menacé, le Tchad répondra conformément aux principes du droit international”. Enfin et pour faire dans le diplomatiquement correct, le Tchad a tenu à réaffirmer, « avec détermination sa volonté de collaborer activement avec toutes les parties désireuses de contribuer à un retour rapide de la paix au Soudan », avant d’estimer en guise de conclusion que « toute autre approche serait inacceptable ».
A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

