(Echos du Niger 19 mars) Lors du Conseil des ministres du mardi 18 mars 2025, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures destinées à réaffirmer la souveraineté du pays dans la gestion des ressources naturelles en particulier celui de l’exploitation du pétrole. Conformément à la Vision du CNSP sous le leadership du Général Abdourahamane TIANI, des réformes sont envisagées pour réviser certains contrats et clauses signés avec les entreprises chinoises opérant dans le secteur. Il s’agit aussi, selon les autorités de faire appliquer par ces dernières les textes en vigueur pour que les ressources extraites de l’exploitation de l’or noir puissent véritablement profiter aux nigériens.
Après avoir expulsé la semaine dernière les Directeurs Généraux (DG) des sociétés chinoises CNSP_NP (recherche et exploitation de pétrole), SORAZ (raffinage) et WAPCO (transport du pétrole brut par oléoduc), les autorités nigériennes de Transition ont annoncé, mardi en Conseil des ministres, qu’elles envisagent de nouvelles mesures destinées à réaffirmer la souveraineté du pays dans la gestion des ressources naturelles notamment l’exploitation du pétrole, un secteur largement dominé par les entreprises chinoises. Selon Niamey, ces dernières rechignent à se conformer à la nouvelle dynamique en appliquant les dispositions des textes en vigueur ainsi que les nouvelles réformes, malgré les rappels du gouvernement.
Lors du Conseil des ministres, plusieurs manquements par les sociétés chinoises opérant dans le domaine de l’industrie pétrolière ont été mises en évidence par le gouvernement qui a, par conséquent, annoncé une révision de certaines clauses des différents contrats signés en la matière. Il s’agit notamment des contrats portant sur le transport ou la sous-traitance. Le gouvernement compte également faire appliquer les textes relatifs au contenu local, l’uniformisation de la grille salariale, le transfert de technologie ou à la « nigérisation » des postes surtout opérationnels. Autre mesure envisagée, l’ouverture du capital de WAPCo Niger, en charge de la construction et de l’exploitation du pipeline d’export du brut Niger Bénin (PENB), enfin de permettre une montée des investisseurs nationaux dans le tour de table de la société, filiale de la CNCP.
Selon le CNSP, ces mesures visent à permettre à la population de profiter véritablement des retombées des ressources tirées de l’exploitation du pétrole. Un leitmotiv pour les autorités de transition qui depuis le coup d’État militaire du 26 juillet 2023 tente d’assainir ce secteur dont la gestion, assez opaque, a été de tout temps décriés par les populations du fait des faibles retombées pour le pays et les citoyens. La contestation a atteint son paroxysme ces derniers jours avec la pénurie d’essence constatée dans plusieurs villes du pays et principalement Niamey, la capitale. Alors que le pays est producteur de l’or noir depuis 2011, dispose d’une raffinerie et est exportateur de brut depuis plus d’un an, la Société nigérienne de Pétrole (SONIDEP), l’entreprise publique en charge de l’approvisionnement du pays en carburant, a été obligée d’importer du carburant pour atténuer la souffrance des consommateurs. Une situation « incompréhensible » qui a visiblement poussé les autorités de transition à agir, au risque d’engager un bras de fer avec Pékin, un allié important pourtant du pouvoir militaire de Niamey.
A.Y Barma (lesecosduniger.com)

