Elhadj B. Yahaya Louché chef de canton de Bandé

Du chef coutumier au chef jardinier : l’histoire passionnante de l’honorable de Chef de canton de Bandé

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(Echos du Niger 4 mars) Habillé comme un paysan ordinaire, travaillant en plein soleil au milieu de son jardin, l’honorable chef de canton de Bandé, Elhadj Boubacar Yahayé Louché n’éprouve aucun complexe à travailler la terre, convaincu que la véritable souveraineté d’un pays passe avant tout par l’autosuffisance alimentaire. Quand nous l’interrogeons sur les raisons qui l’ont poussé à s’investir dans l’entreprenariat agricole, sa reponse est sans équivoque : « Il faut que nous ayons notre souveraineté alimentaire avant de chercher autre chose ». Portrait d’un modèle dans la lutte pour la souveraineté alimentaire au Niger.

Pour l’honorable chef de canton de Bandé situé dans le département de Magaria dans la région de Zinder, l’agriculture est avant tout une question de passion et d’héritage familial car son défunt père disait-il, était aussi un grand cultivateur. C’est donc pour cette raison qu’il a décidé de quitter l’armée pour embrasser la terre, car celle-ci ne ment pas a-t-on coutume de dire. « Je suis un sportif. Et dans l’armée, je pratiquais du foot. Je faisais du taekwondo et je faisais de l’athlétisme ». Le grand sportif de l’armée a donc dû tronquer son arme contre un daba, il est aujourd’hui devenu chef coutumier et en même temps, l’un des grands jardiniers de sa commune « Une fois intronisé chef de canton, j’ai vu que ce n’est pas facile qu’on voit un chef traditionnel en train de jouer au foot. Et là, j’ai cherché une alternative. C’est de faire du jardinage ».

Elhadj Boubacar Yahaya Louché chef de canton de Bandé sur son site maraîcher

Sa Daberam, comme il l’appelle affectueusement en langue kanouri (traduit, propriété privée) lui sert d’un véritable laboratoire agricole et grâce à Dieu, la plupart des cultures expérimentées ont donné des résultats satisfaisants.    « Si je m’étais cramponné au palais, à chaque fois dire à la population d’aller faire, je pense que ça ne serait pas facile. Et je vous dis, le jardinage, c’est comme un bébé. Et à chaque fois que tu as envie d’être avec ton bébé, de le prendre, c’est comme ça le jardin ».

Il faut dire en vérité que pour le chef de Canton, le jardin est devenu un second domicile, il y va et y travaille tout le temps. « A deux heures du matin, tu vas me trouver ici, des fois c’est après la prière de l’aube là, je rentre à la maison. Et de fois, quand je n’ai pas sommeil, je viens ici vaquer »

Derrière vive passion autour de l’agriculture, l’honorable chef de canton, veut aussi servir d’exemple, montrer à la population qu’il est possible d’atteindre l’autosuffisance alimentaire si chacun met du sien et cultive le minimum qu’il peut. “ C’est du sport, c’est du passe-temps. Et là, ça te permet encore d’être un exemple”, dit-il car selon lui “J’ai jugé utile vraiment d’accorder une grande importance pour que ça me serve et que ça serve à la population de Bande et du Niger en général’’.

L’honorable chef de canton souligne plus loin la nécessité urgente de former le nigérien nouveau débarrassé de tout complexe à l’égard des métiers producteurs de richesse, « On nous a fait un lavage de cerveau comme quoi notre terre est improductive, ce qui pousse les jeunes à abandonner le terroir, à aller en exode, à prendre des pratiques qui ne sont pas nigériennes. Il faut que nous ayons obligatoirement notre souveraineté alimentaire avant de chercher autre chose ».

Elhadj Boubacar Yahaya Louché chef de canton de Bandé

Initiée en 2019, la ferme s’étend aujourd’hui à près de 30 hectares avec plusieurs unités, dont une ferme avicole, deux jardins, l’un pour la culture des arbres fruitiers et l’autre pour la culture des produits maraîchers. Il développe sur ces deux sites, toute sorte de spéculation y compris le riz et le blé « Et surtout, la pastèque el-bandé qui est exceptionnelle. Quand vous goûtez la pastèque de bandé, c’est extraordinaire. Nous faisons le poivron, l’oignon, la tomate, les courges, les carottes, les choux, les salades. Pratiquement, dans peu de temps, on n’aura plus à importer. Je vous dis, nous avons l’eau à moins d’un mètre ». Dit-il tout souriant et de conclure, « c’est pourquoi j’encourage la population à s’activer ».

 L’histoire de l’honorable chef de canton de bandé est une véritable « success story », accomplie sans le soutien d’un quelconque bailleur. Certains jeunes commencent déjà à s’y inspirer. Un signe que la pédagogie de l’exemple, prêchée par le chef de canton commence à porter ses fruits car il est aujourd’hui fréquent de trouver à Bandé, des Jeunes de moins de 15 à 20 ans, produire la pastèque de 2 jusqu’à 5 millions et en moins de 3 mois. Quelque chose qui ne se faisait pas il y a une dizaine d’années en arrière. Cet exemple est une parfaite illustration de la voie à suivre pour une souveraineté concrète au-delà du discours politique.

AMMA Moussa

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