Le Roi Mohamed IV procédant au sacrifice d’Abraham

Maroc: le roi invite les marocains à surseoir cette année au rite du sacrifice de l’Aid Al Adha (Tabaski)

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(Echos du Niger 27 février) Dans un message royal lu à la télévision nationale dans la soirée du mercredi 26 février par Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires Islamiques, le roi Mohammed VI a invité le peuple marocain à s’abstenir cette année du rite sacrificiel de l’Aïd Al Adha (Tabaski) en raison de la pénurie du cheptel qui a provoqué une flambée des prix sur les marchés, conséquence de plus de cinq années de sécheresse dans le royaume.

Il n y aura pas le traditionnel et rituel sacrifice du mouton cette année au Maroc à l’occasion de l’Aid el Kébir ou Tabaski. Dans un message adressé au peuple et lu sur la chaine publique (Al Aoula) dans la soirée du mercredi, le Roi Mohammed VI a invité les marocains à s’abstenir cette année du rite sacrificiel de l’Aid Adha, en raison de circonstances exceptionnelles auxquelles fait face le royaume, frappé de plein fouet par une terrible sécheresse qui a décimée le cheptel et provoquée une pénurie du cheptel ainsi qu’une flambée des prix de la viande rouge sur les marchés.

Dans le message dont lecture a été donnée par le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, le souverain marocain a rappelé l’importance de l’observation de la religion, de ses obligations et ses traditions, de ses cultes et ses interactions. « La célébration de cette fête n’est pas une occasion passagère, mais elle est porteuse de significations religieuses fortes illustrant la profondeur des liens de nos fidèles sujets avec les différents aspects de notre Sainte religion et leur volonté de se rapprocher du Très-Haut, en s’évertuant à consolider les liens sociaux et familiaux à travers cet événement vénérable », a souligné SM Mohammed VI qui a saisi l’occasion pour rappeler pour mettre en exergue, « Notre souci à vous permettre d’observer ce rituel religieux dans les meilleures conditions est étroitement lié à l’obligation de notre prise en compte de ce que notre pays affronte en matière de défis climatiques et économiques qui ont eu pour conséquence une régression substantielle de l’effectif du cheptel ».

A cet effet, et tenant compte du fait que l’Aïd Al Adha constitue une sounna confirmée dans la mesure du possible, a poursuivi le souverain chérifien, « son accomplissement dans ces conditions difficiles est susceptible de porter préjudice à de grandes parties des fils de Notre peuple, particulièrement ceux à revenu limité ».

Et d’ajouter que « partant de la responsabilité qui Nous incombe, en tant qu’Amir Al-Mouminine, fidèle protecteur des cultes de la religion selon ce que dictent la nécessité et l’intérêt légal et conformément à l’obligation qui est la nôtre de lever la gêne et le préjudice et de favoriser la mise en place de la facilitation tout en se conformant à la teneur du verset coranique : “Et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion », Nous invitons Notre cher peuple à s’abstenir d’accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd de cette année”.

Dans son message, le souverain s’est également appuyé sur la Sounna pour annoncer la procédure qui sera suivie en pareille circonstance. « Nous le ferons s’il plaît à Dieu, au nom de Notre peuple, fidèle en cela à la sounna de Notre Aïeul le Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur Lui, quand Il avait immolé deux moutons en disant » : « celui-ci est pour moi, cet autre est au nom de ma Oumma« , a assuré le souverain marocain qui a invité les marocains à célébrer l’Aid El Adha cette année selon ses rituels habituels et significations nobles de la prière dans les msallah et les mosquées, aux dons de l’aumône, aux rencontres avec les siens ainsi que les différentes œuvres de dévotion “en rendant grâce à Dieu pour Son immense générosité et en implorant récompense et rétribution”.

Une décision motivée par des circonstances exceptionnelles

Ce n’est pas la première fois qu’au Maroc, où le Chef de l’Etat a le statut religieux de Commandeur des Croyants (Amir Al Mouminine) que les autorités appellent à surseoir à ce rite sacrifiel de l’Aid El Adha.  En 1963, 1981 et 1996, le défunt roi Hassan II, père de l’actuel monarque,  avait demandé aux marocains de ne pas observer le rituel d’Aid Al Adha pour les mêmes raisons.

Cette année, le royaume fait face à sa septième année consécutive de sécheresse qui a entraîné une diminution du cheptel de 38 % sur un an, à cause notamment d’un déficit pluviométrique de 53 % par rapport à la moyenne des 30 dernières années, selon les détails expliquées la semaine dernière par Ahmed El Bouari, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. Il s’agit de la pire sécheresse depuis le début des années 1980 et cette diminution du nombre de têtes de bétail a provoqué une flambée des prix de la viande rouge sur les marchés poussant le gouvernement à subventionner les importateurs.

Comme dans tous les pays musulmans, l’Aïd Al Adha ou l’Aid el-Kébir (Tabaski), est une  fête très populaire qui suit d’environ deux mois l’Aïd El Fitr qui marque la fin du mois de jeûne de ramadan. Elle se particularise par le rite du sacrifice, en particulier du mouton,  une recommandation religieuse “Sunnah” en hommage à celui d’Abraham et de son fils Ismaël.

A.Y. Barma (lesechosduniger.com)

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