(Échos du Niger 23 février)Le Président du Front patriotique pour la Libération (FPL), Mahmoud Salah, a été interpellé ce dimanche 23 février à El-Gatrun, dans le sud libyen, par des soldats de l’Armée national Libyenne (ANL) du général Khalifa Haftar. Chef rebelle proche de l’ancien président Bazoum Mohamed, Mahmoud Salah a fondé son front politico-militaire au lendemain du coup d’état du 26 juillet 2023 pour réclamer la libération du Chef d’Etat déchu ainsi que le retour à l’ordre constitutionnel. Allié à plusieurs autres fronts et bandes criminelles qui sévissent dans la zone frontalière du Niger, du Tchad et de la Libye, son mouvement avait revendiqué plusieurs attaques et menacé de mener des actes de sabotages contre des intérêts nigérien et chinois, notamment dans la zone pétrolifère d’Agadem, dans l’extrême nord-est du pays.
C’est donc la fin de parcours pour celui qui est actuellement, l’un des ennemis publics N°1! Des sources proches du mouvement politico-militaire ont confirmé l’interpellation du Président-Fondateur du Front Patriotique de Libération (FPL), Mahmoud Sallah, ce dimanche 23 février à El-Gatrun, dans le sud de la Libye.
Selon des sources Libyennes qui ont publié des images de l’ancien leader syndical estudiantin, il a été interpellé avec plusieurs membres de son front au cours d’une opération spéciale des soldats du 87e Bataillon de l’Armée nationale Libyenne (ANL) du Maréchal Khalifa Haftar, patron du gouvernement de Benghazi.
D’après les mêmes sources, les services libyens sont en train d’investiguer sur l’implication de son front et de ses hommes dans plusieurs attaques dans le sud du pays, à la frontière avec le Niger et le Tchad. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le chef rebelle est interpellé et gardé en détention durant plusieurs mois dans cette zone sous le contrôle de l’armée du général Haftar, devenue un véritable “no man’s land” pour les trafiquants de tout acabit depuis la chute de M. Kadhaffi.
Bonne nouvelle pour Niamey qui entretient de très bonnes relations avec les autorités de Benghazi…
Au Niger, cette interpellation constitue assurément une bonne nouvelle pour les autorités de Transition qui entretiennent de très bonnes relations avec le régime du Général Haftar.
Ce qui pourrait selon certains faciliter son extradition afin qu’il puisse répondre de ses actes et surtout permettre aux services de renseignement d’en savoir un peu plus sur les commanditaires et soutiens financiers de son mouvement politico-militaire. D’autant que le FPL a revendiqué plusieurs actes de sabotage contre le pipeline d’exportation du pétrole brut via le Bénin ainsi que contre des positions des Forces de Défense et de sécurité (FDS). Cependant, le fait qu’il soit provisoirement déchu de sa nationalité nigérienne risque de compliquer la procédure.
En attendant, le FPL qui a déjà perdu plusieurs de ses membres dont des cadres qui ont fait défection pour se rallier à Niamey ces derniers mois, n’a pas encore officiellement réagit. Dans une publication, l’ancien journaliste et également proche de l’ex Chef d’Etat Bazoum Mohamed et du FPL a tenu à préciser que « le Président du FPL, Mahamoud Sallah, n’est ni un criminel ni un chef de gang et qu’il est un opposant politique au régime du Niger. J’en appelle au discernement et au sens de la sagesse »”.
Celui qui a été aussi déchu provisoirement de sa nationalité en même temps que Mahmoud Sallah dit fonder l’espoir que « le commandement Général des forces armées libyennes saura lui assurer ses droits d’opposant politique. J’appelle la mission d’appui des Nations Unies en Libye à s’impliquer et à veiller au respect des droits de Mahamoud Sallah, opposant Nigérien, déchu de sa nationalité et contraint à l’exil ».
A.Yacouba Barma(Leschosduniger.com)

