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Assises nationales: Les avocats déclinent l’invitation du Général Tiani

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(Échos du Niger 12 février)Réuni en session extraordinaire ce mardi, le Conseil de l’Ordre des avocats du Niger a décidé de s’abstenir de toute participation aux travaux des Assises nationales convoqués du 15 au 19 février 2025 à Niamey par le Président du CNSP et chef de l’Etat, le Général de brigade Abdourahmane Tiani, pour élaborer la feuille de route de la Transition. Le Barreau, à qui une place a été accordée parmi les participants à la rencontre nationale, a mis en cause « la forme et le délai annoncés » mais a toutefois, réaffirmé sa disponibilité et sa volonté à accompagner tout processus qui inclura de manière non équivoque « la conquête de vraies solutions aux préoccupations majeures du peuple nigérien dont principalement la justice et l’État de droit ».

Le Barreau du Niger opte pour la politique de la chaise vide aux Assises nationales de la transition où il était invité à designer un représentant qui aurait pu porter sa voix ! C’est la première décision affirmée et assumée du genre alors que des structures et autres organisations continuent de se bousculer à la porte du CNSP pour participer aux Assises nationales de la transition, annoncés depuis le coup d’état du 26 juillet 2023 et qui se démarreront finalement ce weekend à Niamey.

Au moment de la mise en ligne de cet article nous apprenons que qu’une autre organisation à savoir Transparency Internationale section du Niger annonce aussi son boycott de ce forum.En ce qui concerne les Avocats, c’est dans un communiqué publié ce mardi 12 février, et à quelques heures de la fin de la transmission des noms des délégués désignés par leurs structures respectives aux travaux, que l’Ordre des avocats du Niger qui s’est réuni en session extraordinaire a annoncé sa décision de « s’abstenir de participer aux travaux des Assises nationales convoquées dans les forme et délai annoncés ».

Et le Barreau d’assurer que fidèle à sa tradition de sentinelle de droit, il réaffirme, dans ces conditions particulières, « sa disponibilité d’esprit et sa volonté à accompagner et encourager tout processus qui inclura de manière non équivoque la conquête de vraies solutions aux préoccupations majeures du peuple nigérien dont principalement la justice et l’État de droit ».

La politique de la chaise vide pour le Barreau…

Dans son communiqué, le Barreau nigérien n’a pas explicitement motivé sa décision qui, comme il fallait s’y attendre, va susciter diverses interprétations au sein de l’opinion. Elle a cependant le mérite d’être claire et assumée d’autant qu’elle s’inscrit dans la droite ligne de la posture affichée jusque-là par les “porteurs de toges noires” depuis le coup d’état du 26 juillet 2023 et l’avènement des militaires du CNSP au pouvoir. On se rappelle qu’au lendemain de ces évènements qui ont auguré une nouvelle période d’exception dans le pays, l’ordre des avocats a pris acte tout en rappelant aux nouvelles autorités sur l’impérieuse nécessité de préserver les droits et libertés des personnes et la protection de leurs biens.

Dans une déclaration faite à l’époque, le Barreau s’était même réjoui de constater que dans l’Ordonnance n°2023-02 du 28 juillet 2023, portant organisation des pouvoirs publics pendant la période de transition, le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) a réaffirmé son attachement aux principes de I’État de droit et de la démocratie en assurant à tous l’égalité devant la loi et en prenant l’engagement de garantir les droits et libertés de la personne humaine et du citoyen tels que définis par la Déclaration universelle des droits de I ’homme de 1948 et la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples de 1981.

En outre, s’était félicité le Conseil de l’ordre des avocats, l’ordonnance prévoit que l’Etat du Niger est et demeure lié par les Traités et Accords internationaux antérieurement souscrits et régulièrement ratifiés.Cependant, le Barreau a vite fait de revoir sa position quelques mois plus tard suite à une succession d’évènements et d’affaires qui ont cours durant la Transition et qui, d’après le Barreau, constituent « des graves manquements au respect de la légalité et des libertés publiques ». C’est le cas début 2024 où les avocats se sont insurgés contre les détentions des personnes au niveau des services spéciaux (DGDSE), en dehors de tout cadre légal, ainsi que la procédure suivie devant la COLDEFF, la commission anti-corruption mise en place par les autorités de transitons.

Depuis, les relations n’ont cessé de se refroidir entre les autorités et l’Ordre des avocats qui n’a cessé de rappeler à maintes occasion, « son rôle crucial relativement au respect des normes établies, la défense des droits et libertés des citoyens, sans restriction ni aucune ingérence ».

A.Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

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