Bonferey : Qui a tué l’émission « Presse Plus » et pourquoi ?

Actualité Média Niger Opinion/Tribune

(Quotidien L’Enquêteur du mardi 4 février 2025)

Depuis plus de dix ans, l’émission « Presse Plus », diffusée tous les dimanches matin sur la radio et télévision Bonferey, s’était imposée comme un rendez-vous incontournable du débat politique et sociétal au Niger. Grâce à des échanges dynamiques et souvent animés entre journalistes chevronnés, analystes et acteurs de la société civile, cette tribune en direct offrait aux téléspectateurs une diversité d’opinions et un regard critique et éclairé sur les sujets brûlants de l’actualité nationale et internationale.

Pourtant, contre toute attente, l’émission a été suspendue sans explication officielle. Après plusieurs rappels à l’ordre dont la nature exacte reste floue, « Presse Plus » a été purement et simplement interdite. Mais par qui et pour quelles raisons ?

Si l’on ignore toujours l’origine précise de cette interdiction, une question demeure : qu’est-ce qui dérangeait autant dans cette émission ? S’agit-il d’une pression politique exercée par les autorités du pays, soucieuses de contrôler davantage l’espace médiatique ? L’émission aurait-elle franchi une ligne rouge en abordant des sujets jugés trop sensibles ou en donnant la parole à des intervenants perçus comme trop critiques du pouvoir en place ? Ou bien s’agit-il d’une autocensure de la direction du groupe Bonferey, cédant aux pressions extérieures afin éviter des représailles ?

L’autre point troublant dans cette affaire est le silence du groupe Bonferey lui-même. Pourquoi n’a-t-il pas jugé utile d’expliquer aux téléspectateurs les véritables raisons de cette interdiction ? Cette absence de communication alimente toutes les spéculations et laisse place à un malaise grandissant au sein de l’opinion publique.

Menace sur la liberté de la presse ?

Au-delà du cas spécifique de « Presse Plus », cette interdiction pose une question cruciale : l’espace médiatique nigérien est-il en train de se restreindre ? Si une émission suivie et respectée peut être suspendue sans justification claire, c’est toute la vitalité du débat public qui est menacée. La fermeture de « Presse Plus » est-elle un acte isolé ou le signe d’un durcissement plus large du contrôle de l’information ?

Il appartient désormais aux dirigeants du groupe Bonferey de lever le voile sur cette affaire et de répondre aux interrogations légitimes des téléspectateurs. Car la liberté d’expression ne souffre jamais du silence, mais elle meurt toujours de l’omerta.

La Rédaction

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