A. Diop ministre Malien des Affaires étrangères

Divorce AES-Cedeao : Abdoulaye Diop désigné négociateur en chef de la Confédération pour les modalités de séparation

Actualité Diplomatie

(Echos du Niger 31 janvier) Le ministre Malien des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop, a été désigné par ses homologues du Niger et du Burkina Faso de convenir, avec la CEDEAO, des détails de la rencontre technique avec l’organisation d’intégration ouest-africaine. L’annonce a été faite mercredi 29 janvier par le chef de la diplomatie malienne, pays qui assure la présidence de la Confédération AES, lors d’une communication verbale en Conseil des ministres présidé par le président Assimi Goita, et au cours de laquelle M. Diop a fait une synthèse des conclusions de la réunion des Ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES), tenue à Ouagadougou le 26 janvier dernier. Le Mali avait déjà reçue depuis le 13 janvier 2025, une correspondance de la Commission de la Cédéao l’invitant à convenir d’une date pour entamer les modalités de son retrait de l’organisation ouest-africaine.

Les choses se précisent entre la Confédération AES et la Cédéao alors que le retrait du Niger, du Mali et du Burkina Faso est désormais effectif à compter du 29 janvier 2025. Dans une communication mercredi en Conseil des ministres, le chef de la diplomatie malienne a annoncé qu’il a été désigné par ses pairs de la Confédération pour conduire les négociations avec l’organisation ouest-africaine sur les modalités techniques du retrait des 3 pays de et les contours du futur partenariat entre les deux organisations. La République du Mali assure actuellement la Présidence en exercice de la Confédération AES, ce qui justifie ce choix mais pour beaucoup d’observateurs, le dynamisme du chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop, l’ancien haut fonctionnaire de l’Union africaine (UA) et bien rompu à la tache, conforte également cette décision.

A la veille de l’entrée en vigueur du retrait effectif des pays confédérés du Sahel de la Cédéao, les Chef de la diplomatie du Niger, du Burkina et du Mali se sont réunis, le dimanche 26 janvier dernier à Bamako, pour définir une démarche commune de négociation destinée à « préserver et promouvoir les intérêts des pays du Sahel, et constituer une équipe pluridisciplinaire chargée d’approfondir notre stratégie ». Selon le résumé des conclusions issues de cette rencontre qui a été précédée par celle des hauts fonctionnaires et experts de la diplomatie de l’AES, toujours à Ouagadougou, SEM. Abdoulaye Diop a indiqué que « désormais, les décisions prises au sein de notre espace doivent tenir compte de l’existence de l’AES entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, en tant qu’acteurs unis, afin d’engager des discussions avec la CEDEAO dans un esprit de coexistence pacifique et de responsabilité. Cela dans le but de préserver les intérêts de toutes les populations ».

Stratégie commune de négociations avec la Cédéao

Il faut dire que jusque-là, la Cédéao qui a fini par acté le divorce avec les trois coépouse dans la sous-région ouest-africaine et préfère gérer le retrait au cas par cas. Dans le communiqué qu’elle a publié hier mercredi 29 janvier pour acter le divorce, la Commission de la Cédéao qui s’est dite encore “ouverte au dialogue”, a annoncé une série de mesures relatives au maintien de certaines mesures sur la libre-circulation des personnes et des biens ainsi que le bénéfice de certains avantages économiques et commerciaux aux citoyens de la confédération AES. Des mesures qui, selon le Président de la Commission, s’inscrivent “dans l’esprit de la solidarité régionale et dans l’intérêt supérieur des populations”. Toutefois, a précisé Dr Alieu Oumar Touray dans la conférence de presse qui a suivi, “ces dispositions restent en vigueur jusqu’à l’adoption par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, des modalités complètes de nos relations futures avec les trois pays”. Et d’ajouter que la Commission a mis en place une structure pour “faciliter les discussions sur ces modalités avec chacun des trois pays”.

Contrairement à l’option pour une stratégie d’ensemble pour les négociations sur les modalités techniques de retrait mis en avant par la Confédération AES, la Cedéao envisage de mener les consultations au cas par cas c’est à dire en fonction de chaque pays. Jusque-là, seul le Mali a officiellement annoncé avoir reçu une notification de la Commission pour engager les négociations de sortie du pays de l’organisation communautaire. Dans une correspondance au ministre des Affaires étrangères du Mali, datée du  13 janvier dernier, le Président de la Commission a rappelé les instructions reçues en ce sens  de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement et a proposé une rencontre entre les équipes techniques du gouvernement malien et celles de la Cedeao  “en vue d’initier les discussions nécessaires” relatives au retrait du pays. Conformément aux discussions de l’article 91 du Traité révisé de la Cedeao, le Mali cesse d’être membre de la Communauté à compter du 29 janvier 2025, avait jugé utile de rappeler le Gambien Alieu Touray qui a précisé que « la date de cette réunion pourra être convenue après concertation ».  Au regard de l’évolution de la situation, la Cédéao pourrait être amenée à revoir ses positions puisque c’est en négociateur en Chef de l’AES que le chef de la diplomatie malienne va prendre langue avec la Commission pour les discussions sur les modlaités de séparation…

Youssouf Sériba

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