(Echos du Niger 27 janvier) Une dizaine d’anciens maires ainsi que des membres des conseils communaux dissous au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 se verront bientot convoqué devant la Commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale (COLDEFF) pour rembourser les sommes détournés et mis à nue par les rapports d’inspections commis à cet effet. C’est ce qu’a annoncé, samedi 25 janvier, le Ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration territoriale, le général de brigade Mohamed Toumba , à l’occasion de la présentation de son bilan à la tête du département, dans un entretien diffusé dans la soirée du samedi 25 janvier par la chaine publique Télé Sahel. Selon les révélations du ministre, rien que pour les communes urbaines de Zinder, Tahoua ainsi que rurale de Ourafane et Oualaléwa, c’est pas moins d’un milliard de francs CFA qui a été détourné et qu’il va falloir rembourser.
A la place du “gros gibiers” attendu par bon nombre de nigériens, la COLDEFF va se contenter encore de menus fretins! Ce qui est certain et à en croire le général Toumba, n°3 du CNSP et ministre d’Etat, en charge de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration territoriale (MISPAT), des anciens membres des collectivités locales (président de conseils, maires ou élus locaux) ainsi que certainement leurs agents complices, vont défiler bientôt devant la Commission anti-corruption de la Transition pour rembourser ce qu’ils ont détournés. Et à la mesure des entités concernées, les montants en jeu donnent une ampleur du “WASSOSSO” (faire main basse en haussa), qui était pratiqué par le passé au sein des communes urbaines et rurales du pays par les élus locaux qui ont été démis suite à la dissolution des conseils municipaux et régionaux au lendemain de l’avènement du CNSP au pouvoir.
Selon les révélations faites samedi dernier par le Ministre de l’Intérieur, dix (10) rapports d’inspection dont certains sont définitifs ont révélé des détournements de l’ordre de 169 millions de CFA pour la commune de Ourafane (département de Tessaoua, région de Maradi), 287 millions à Oulaleoua (Departement de Tanout, Région de Zinder) ainsi que 355 millions pour le Conseil de Ville de Zinder, et 244 millions à la ville de Tahoua. Au total donc, quelques 1,055 milliards de CFA rien que pour les 4 communes, en attendant la suite des investigations car selon le Général Toumba, ces inspections ne sont que la partie visible de l’iceberg et font parties d’un certain nombre de reformes entreprises par son département en vue d’assurer la transparence dans la gestion des biens publics, gage d’une bonne gouvernance. “Ce sont des montants qui sont à rembourser” a averti le général Toumba qui s’est indigné du fait que “des gens ont cru faire des deniers publics ce qu’ils veulent, alors que nous avons le devoir de rendre compte de ce qui est fait de ces deniers là”. Le ministre d’Etat n’a pas manqué de relever que “l’état de précarité de certaines communes n’a pas empêché certains indélicats de se permettre de prendre dans les caisses” et de prévenir à ce niveau, “il faut vraiment qu’on sévisse afin que les autorités qui sont ou seront investies puisse s’inspirer des règles de bonne gouvernance”.

Il faut dire que si faire rentrer l’Etat dans ses droits est la moindre des choses pour ceux qui ceux qui ont manqué d’orthodoxie dans la gestion des deniers publics, beaucoup n’ont pas apprécié que l’affaire soit juste confiée à la COLDEFF qui a déjà montré ses limites alors qu’il existe des textes qui permettent de traduire les indélicats devant la justice pour qu’ils répondent de leurs actes en plus de rembourser les sommes détournées. C’est ce que certains n’ont pas manqué de mettre en avant après la sortie médiatique de présentation du bilan du ministre d’Etat sur la télévision nationale. D’autant que pour certains cas, des difficultés risquent d’apparaitre pour faire rembourser les fonds détournés comme par exemple à Oualaléwa où le maire qui est resté longtemps en poste, a déjà tiré sa révérence depuis plusieurs mois.
Le général Toumba qui est le second à se sacrifier à cet exercice annoncé par le Chef de l’Etat, le général Abdourahmane Tiani, a saisi l’occasion pour annoncer de nouvelles mesures en matière de gouvernance locale.
A.Yacouba Barma (lesechosduniger.com)
